Cinq ans après avoir renversé Alpha Condé, Mamadi Doumbouya a marqué l'anniversaire par un discours de mémoire plutôt que de célébration.
Publie le 7 septembre 2026 à 10:43 - mis a jour le 7 septembre 2026 à 15:56

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Pas de défilé triomphal, pas de discours conquérant. Cinq ans jour pour jour après avoir renversé Alpha Condé, le président de la transition guinéenne Mamadi Doumbouya a choisi un autre registre. Le 5 septembre n'est pas un jour de triomphe, c'est un jour de deuil, de gravité et de mémoire, a t il déclaré, selon des propos rapportés par Guineenews.
Le choix des mots compte. En évoquant un recul de l'ethnocentrisme dans le pays et en réaffirmant l'exécution rigoureuse de sa vision Simandou 2040, le chef de la junte tente de déplacer le débat du terrain de la légitimité du coup vers celui de son bilan économique. Simandou, l'un des plus grands gisements de fer au monde, est devenu la carte maîtresse de sa communication : preuve, selon lui, qu'un pouvoir issu d'un putsch peut livrer des résultats concrets.
Mais la presse guinéenne, elle, dresse un bilan plus contrasté de ces cinq années de pouvoir militaire, entre promesses de retour à l'ordre constitutionnel régulièrement repoussées et gouvernance qui reste, pour beaucoup, verrouillée.
C'est tout l'enjeu du Sahel et de l'Afrique de l'Ouest aujourd'hui : peut on juger un régime militaire sur ses infrastructures plutôt que sur son mode d'arrivée au pouvoir ? Simandou changera peut être la donne économique guinéenne d'ici 2030. Il ne réécrira pas, à lui seul, la question démocratique.
Cinq ans après, la Guinée célèbre t elle un deuil qu'elle referme, ou une parenthèse qui s'installe ?
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