Or guinéen
Guinée : Doumbouya inaugure à Conakry la première raffinerie d'or du pays
Le président Mamadi Doumbouya a inauguré dimanche à Gbessia la Nimba Gold Refinery, qui annonce 733 tonnes de capacité annuelle. L'État pourra acheter jusqu'à 30 % de la production industrielle en francs guinéens.
Conakry, Guinée — Publié le 2 novembre 2026 à 06:21

Sur le tarmac de la Cité de l'Air, à Gbessia, un ruban tricolore a été coupé dimanche 1er novembre. Derrière : la Nimba Gold Refinery, première raffinerie d'or de , que le président Mamadi Doumbouya a inaugurée en présence du Premier ministre Amadou Oury Bah et de membres du gouvernement.
Le message est écrit pour les marchés. « Depuis toujours, la Guinée a exploité et exporté son or à l'état brut. Aujourd'hui, cette époque est révolue », a lancé le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla. Il rattache l'ouvrage au programme Simandou 2040, qui vise la transformation locale des minerais, et rappelle que trois raffineries d'alumine sont en construction.
Les chiffres avancés sont colossaux. Moussa Magassouba, qui s'exprimait au nom de la direction de l'entreprise, annonce une capacité de raffinage de 733 tonnes par an et un flux financier d'environ par an, même à 50 % de la capacité nominale. Ces données viennent de l'exploitant, et la cérémonie n'a livré ni montant d'investissement, ni nombre d'emplois, ni liste d'actionnaires.
Le mécanisme est plus lisible que les chiffres.
Au titre du Code minier, l'État pourra acheter jusqu'à 30 % de la production des sociétés semi-industrielles et industrielles, payée en francs guinéens. Bouna Sylla y voit un moyen de renforcer les réserves de change de la Banque centrale et la stabilité macroéconomique. Il souligne aussi que l'orpaillage artisanal représente environ 70 % de la production aurifère nationale, un gisement que la traçabilité veut sortir de l'ombre.
Moussa Magassouba plaide, lui, pour des emplois qualifiés et un transfert de compétences aux jeunes Guinéens. D'autres raffineries du même type sont annoncées dans les prochains mois.
Reste l'essentiel pour un pays dont les voisins affichent les mêmes ambitions : qui capte la valeur ajoutée quand l'or cesse de partir en lingots bruts, l'État, l'exploitant ou les orpailleurs qui creusent depuis toujours ?
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