Capital humain
CGECI Academy : à peine 6 % des jeunes vont vers l'enseignement technique
À Abidjan, la 14e CGECI Academy a mis la formation au centre des débats. Le Premier ministre demande aux entreprises d'anticiper les compétences à cinq, dix et quinze ans.
Abidjan — Publié le 1 novembre 2026 à 06:33

Six jeunes sur cent. C'est la part de ceux qui sont orientés vers l'enseignement technique, selon le bilan de la 14e CGECI Academy, qui s'est tenue les 29 et 30 octobre à l'hôtel Ivoire, à . Le patronat ivoirien y a fait du capital humain son sujet unique.
Le thème : « Capital humain, levier stratégique pour l'Afrique ». Deux jours, vingt-cinq sessions, quatre-vingt-dix intervenants. À l'ouverture, le vice-président Tiémoko Meyliet Koné a réclamé un rapprochement entre l'État et les entreprises pour que la formation colle aux besoins du marché. L'État prévoit 254 établissements d'enseignement technique et de formation professionnelle d'ici 2030.
Le Premier ministre Robert Beugré Mambé a clos les travaux vendredi. Il a demandé d'investir dans l'apprentissage, l'alternance, les compétences numériques et la formation continue, et que les entreprises anticipent leurs besoins à cinq, dix et quinze ans. Il a cité la réforme du BTS et ses nouvelles spécialités. « La ressource la plus précieuse d'une nation, c'est la qualité de son capital humain », a-t-il dit.
Autre chiffre du bilan, plus brutal : 2 % des entreprises familiales survivraient à la deuxième génération. Jean-Louis Billon, ancien ministre, a lancé aux dirigeants qu'une société qui ne survit pas à son fondateur « n'a pas encore réussi ». Le même bilan estime à 1 % l'usage de l'intelligence artificielle dans les entreprises africaines. Ces statistiques sont celles des organisateurs : aucune étude d'origine n'est citée.
Le soir du 30 octobre, les Awards du Patronat ont couronné Alain Kouadio, PDG du groupe Kaydan, « Entrepreneur de l'année ». Il a salué « la reconnaissance des pairs », qu'il dit avoir contribué à instituer en 2012.
Les recommandations tiennent en cinq axes publiés, pour six annoncés. Reste l'essentiel : quand un pays compte une jeunesse aussi nombreuse, qui paiera pour la former aux métiers que les entreprises cherchent déjà ?
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