Selon la CNUCED, les flux d'investissements étrangers vers l'Afrique de l'Ouest ont bondi de 44% en 2025, portés par les mines guinéennes et le pétrole nigérian. Mais la nature de ces capitaux pose question.
Publie le 20 juillet 2026 à 22:33 - mis a jour le 14 août 2026 à 16:06

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Un train chargé de minerai de fer traverse pour la première fois la forêt guinéenne jusqu'au port de Morébayah. La scène, couverte en novembre dernier par l'agence panafricaine AllAfrica, a marqué le vrai lancement du plus gros pari économique jamais engagé en Afrique de l'Ouest : le mégaprojet minier Simandou, porté à terme par près de 200 milliards de dollars d'investissements sur quinze ans.
Ce train n'est pas un symbole isolé. Selon le dernier Rapport sur l'investissement dans le monde de la CNUCED, relayé par le média sénégalais Pressafrik, les flux d'investissements directs étrangers vers l'Afrique de l'Ouest ont bondi de 44% en 2025, pour atteindre 20 milliards de dollars. Les mines guinéennes expliquent une bonne part de ce sursaut : les flux vers le pays auraient plus que quintuplé en un an, portés par Simandou et par le pétrole et le gaz au Nigeria.
Voilà pourquoi ça compte : dans un monde où les capitaux mondiaux ont grimpé de 6% en 2025 pour atteindre 1 600 milliards de dollars, l'Afrique tout entière n'en a capté que 70 milliards, à peine 4,4% du total, confirme le même rapport. Une part congrue, mais la troisième plus élevée enregistrée par le continent en 25 ans. La Côte d'Ivoire tire aussi son épingle du jeu : elle reste, d'après Le360 Afrique, l'un des rares pays de la zone franc classés parmi les dix premières destinations du continent.
Le problème, c'est la nature de ces capitaux. Mines, pétrole, gaz : les grands projets restent concentrés sur l'extraction de ressources, rarement sur la transformation locale ou l'emploi qualifié. D'ici 2050, l'Afrique de l'Ouest comptera plusieurs centaines de millions d'habitants de plus. Pour une Guinée qui rêve de faire de son minerai ce que le Golfe a fait de son pétrole, la vraie bataille commence maintenant : transformer le minerai qui arrive au port en usines, en écoles techniques, en compétences locales.
Vingt milliards de dollars, c'est un chiffre qui rassure les ministères des Finances. Est-ce aussi un chiffre qui change la vie d'un jeune de Kankan ou de Man ? La question reste entière.
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