Un atelier réuni à Abidjan-Plateau a validé la feuille de route pour la mise en place de crédits biodiversité, un nouveau mécanisme de financement de la conservation appuyé par le PNUD et la GIZ.
Publié le 14 août 2026 à 13:25 — mis à jour le 28 septembre 2026 à 05:29

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Et si préserver un écosystème rapportait autant que l'exploiter ? C'est le pari que la Côte d'Ivoire commence à formaliser. Un atelier ouvert le mardi 11 août 2026 à Abidjan-Plateau a réuni administrations publiques, secteur privé, société civile et institutions de recherche pour valider la feuille de route des futurs crédits biodiversité du pays.
L'initiative, portée par la Direction générale de l'Environnement au nom du ministère de l'Environnement et de la Transition écologique, bénéficie de l'appui technique et financier du PNUD, de l'Entraide universitaire mondiale du Canada et de la GIZ, dans le cadre du programme BIOFIN. Ouvrant les travaux, le directeur de la Qualité de l'Environnement, Dr Tié Yro Hyacinthe, a été clair sur les intentions du gouvernement, il ne s'agit pas de créer un simple nouveau marché financier, mais un dispositif « crédible, transparent, inclusif ».
Concrètement, le futur cadre devra garantir la mesure et la vérification des résultats de conservation, une répartition équitable des bénéfices et le respect des droits des communautés locales, à travers un système de Mesure, Rapportage et Vérification. Une architecture technique exigeante, mais nécessaire pour que ces crédits aient une vraie valeur sur les marchés internationaux.
La démarche répond à une urgence bien réelle. Expansion agricole, urbanisation, exploitation minière, changement climatique, la pression sur les écosystèmes ivoiriens s'intensifie, et l'État cherche des ressources supplémentaires au-delà de son budget classique pour y faire face. « Les travaux engagés doivent contribuer à alimenter la réflexion nationale sur les mécanismes susceptibles de mobiliser des financements additionnels », a résumé Estelle Kouakou, coordonnatrice de l'initiative Biofin.
Une certitude s'impose déjà. Si l'Afrique veut peser dans la finance climatique mondiale, elle devra construire, comme ici, ses propres cadres de confiance plutôt que d'attendre qu'on lui en impose d'ailleurs.
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