Justice
L'Assemblée législative de transition a adopté mardi une révision du Code pénal qui rétablit la peine capitale, abolie pour les crimes de droit commun en 2018. Le Burkina prend le chemin inverse de son propre passé.
Ouagadougou — Publié le 22 octobre 2026 à 06:25

Soixante et onze voix pour, aucune contre. Mardi 20 octobre, l'Assemblée législative du peuple burkinabè a adopté à l'unanimité de ses 71 membres la révision du Code pénal qui rétablit la peine de mort, selon Apanews relayé par allAfrica.
Le texte modifie la loi du 25 mai 2018. Cette année-là, sous la présidence de Roch Marc Christian Kaboré, le Burkina avait aboli la peine capitale pour les crimes de droit commun. Le ministre de la Justice, Edasso Rodrigue Bayala, a défendu la réforme devant les députés.
Le projet n'a rien d'une surprise. Le Conseil des ministres l'avait adopté le 4 décembre 2025, et Human Rights Watch s'en était saisi dès l'époque. Apanews précisait alors que la peine capitale viserait notamment la haute trahison, les actes de terrorisme et l'espionnage, sans publier la liste complète.
Le projet prévoyait aussi de faire du travail d'intérêt général une peine principale, de relever les amendes minimales de 250 000 à 500 000 FCFA, et de punir jusqu'à la perpétuité les crimes économiques portant sur au moins 5 milliards FCFA. Il sanctionnait enfin la promotion et les pratiques homosexuelles. Reste à vérifier si toutes ces dispositions figurent dans la version votée mardi.
Le vote intervient dans un pays dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré, une « junte » pour Human Rights Watch comme pour de nombreux titres. Le Burkina avait pourtant fait le choix inverse en 2018. Aucune réaction d'organisation ou de parti n'était rapportée au moment où nous écrivons ces lignes.
Pour l'Afrique de 2050, la question de fond est celle du modèle de justice que le continent veut se donner : une peine qui dissuade, ou une justice qui répare ? Chaque pays y répondra à sa manière. Mais la réponse dira ce que ses citoyens peuvent attendre de l'État.
Et vous, la peine de mort protège-t-elle une société ou renonce-t-elle à la réparer ?
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