Boeing prévoit plus de 1 165 nouveaux avions sur le continent d'ici 2045, Airbus mise sur 1 500. Un boom qui suppose de former, en urgence, des milliers de pilotes, techniciens et contrôleurs aériens africains.
Publie le 5 septembre 2026 à 12:51 - mis a jour le 5 septembre 2026 à 13:52

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Deux géants de l'aéronautique, un même diagnostic : le ciel africain va se remplir plus vite que le continent ne forme les femmes et les hommes capables de le faire voler. Selon Agence Ecofin, Boeing anticipe 1 165 nouveaux avions livrés en Afrique d'ici 2045, quand Airbu, évoque un potentiel de 1 500 appareils après cinquante ans de présence sur le continent. Au total, la flotte commerciale africaine devrait doubler.
Le Maroc, selon Barlamane, apparaît déjà dans les perspectives africaines de Boeing comme un point d'ancrage industriel et logistique. Mais Afrik.com pose la question qui dérange derrière les chiffres flatteurs : qui contrôlera ce ciel élargi ? Pilotes, techniciens de maintenance, contrôleurs aériens, ingénieurs, la filière aéronautique africaine reste largement dépendante d'expertises importées, alors que la demande de vols intra-africains explose avec la classe moyenne urbaine.
Ce paradoxe n'est pas nouveau sur le continent. On lui promet des infrastructures avant de lui donner les compétences pour les faire fonctionner de bout en bout. Un avion Boeing ou Airbus livré à Addis-Abeba, Abidjan ou Nairobi ne devient un levier de souveraineté que si un pilote, un mécanicien et un régulateur africains en tiennent les commandes, pas seulement le manche.
D'ici 2050, l'aviation pourrait devenir l'une des infrastructures les plus stratégiques du continent, reliant des marchés que la route et le rail peinent encore à connecter. Encore faut-il que les écoles de pilotage et de maintenance africaines poussent aussi vite que les commandes d'avions.
Combien de temps l'Afrique mettra-t-elle à former ses propres pilotes plutôt qu'à seulement acheter leurs avions ?
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