Géopolitique
L'accord de 2019 est approuvé à l'unanimité. Athènes le juge illégal et annonce des mesures pour protéger ses droits souverains.
Benghazi — Publié le 22 octobre 2026 à 10:35

Mardi 20 octobre, le Parlement de l'Est, réuni à Benghazi, a approuvé à l'unanimité le mémorandum de délimitation maritime signé en novembre 2019 entre Recep Tayyip Erdoğan et Fayez al-Sarraj, entré en vigueur le 7 décembre 2019, selon TRT Français. Le texte avait été rejeté en 2020.
Le vote s'accompagne de l'annulation de deux décisions du Parlement, les n°1 et n°6 de 2020, qui refusaient la ratification et rompaient les relations politiques avec Ankara. Nessma TV, qui rapporte aussi le vote, parle de deux mémorandums ; TRT mentionne un seul texte maritime. La date du vote est indiquée uniquement comme « mardi » par TRT.
Les réactions sont immédiates. Ankara met en avant la protection des droits communs en Méditerranée orientale sur une base « gagnant-gagnant ». Athènes a rejeté la décision le 20 octobre, jugeant le mémorandum « illégal et invalide » et annonçant des mesures pour protéger ses droits souverains, relève Athens News via rua.gr.
La portée est stratégique. Un accord maritime fixe des zones où explorer le gaz et le pétrole, où pêcher, où naviguer. Il s'inscrit dans une rivalité régionale qui implique la Grèce, la Turquie, l'Égypte et Chypre. La Libye elle-même reste divisée entre deux pôles de pouvoir, ce qui rend toute ratification d'un camp sensible.
Pour les Libyens, l'enjeu est de savoir qui parle au nom de l'État et qui profite des richesses maritimes. Pour l'Afrique de 2050, le sujet touche à une idée centrale : la souveraineté sur ses mers, ses ressources et ses frontières ne se négocie pas sans institutions stables.
Aucune source libyenne locale n'a pu être consultée à ce stade. Cette décision peut-elle rapprocher les deux Libye ?
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