Des hommes armés ont fermé une vanne reliant le champ d'Al-Charara à la raffinerie de Zaouïa, provoquant une chute de production que la compagnie nationale libyenne s'apprête à qualifier de force majeure.
Publié le 24 septembre 2026 à 09:17 — mis à jour le 29 septembre 2026 à 01:54

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Une vanne. Un geste, et 130 000 barils de pétrole par jour cessent de couler vers la raffinerie de Zaouïa. Ce sont des membres de la Garde des installations pétrolières, branche Sud-Ouest, qui ont fermé l'accès à l'oléoduc reliant le champ d'Al-Charara, capable à lui seul de produire 335 000 barils quotidiens en temps normal.
Car la Libye vit essentiellement de sa rente pétrolière, et chaque interruption de ce type ampute directement les caisses d'un État déjà englué dans des finances publiques exsangues. La National Oil Corporation libyenne se prépare, selon Agence Ecofin, à déclarer un cas de force majeure, un mécanisme juridique qui suspend ses obligations contractuelles envers ses clients internationaux.
Ce blocage n'est pas un accident isolé. Il s'inscrit, écrit Connaissance des Énergies dans une dépêche de l'AFP, dans une série récurrente de coupures liées à des revendications salariales impayées. Des travailleurs et des groupes armés locaux utilisent le robinet pétrolier comme unique levier de pression sur un pouvoir central fragmenté depuis plus d'une décennie. Le360 Afrique confirme l'ampleur de la chute de production et la tension qui s'installe autour de Zaouïa, l'une des principales portes d'exportation du pays.
Ce scénario libyen résume un piège que plusieurs économies africaines rentières connaissent bien : une richesse du sous-sol qui, faute d'un État capable de la redistribuer équitablement, devient elle-même l'arme de la contestation. D'ici 2050, le continent voudra transformer ses ressources énergétiques en industrialisation réelle plutôt qu'en simple rente d'exportation. Tant que la richesse pétrolière reste otage de rapports de force locaux plutôt que gérée comme un bien commun, cette transition attendra.
Une ressource aussi stratégique que le pétrole peut-elle rester nationale si l'État n'est plus en mesure d'en garantir le libre passage ?
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