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La junior minière australienne Volt Resources a confirmé le 15 avril 2026 la découverte d'un gisement de lithium au Kwara State, au Nigeria. Les estimations initiales portent sur 2,3 millions de tonnes de carbonate de lithium équivalent, suffisant pour alimenter 30 millions de batteries de véhicules électriques.
Publié le 21 avril 2026 à 11:22 UTC

Depuis dix ans, la carte du lithium mondial se dessine à grands traits en Afrique : Zimbabwe, RDC, Mali, Ghana, Namibie. Le 15 avril 2026, un nouveau pays entre dans ce cercle stratégique. Volt Resources, junior minière australienne cotée à l'ASX, a annoncé la confirmation d'un gisement de lithium commercial au Kwara State, dans le centre-nord du Nigeria.
Les chiffres préliminaires sont significatifs : 2,3 millions de tonnes de carbonate de lithium équivalent (LCE), selon les résultats de forage publiés par la société. C'est suffisant, selon les estimations sectorielles, pour produire les batteries de 30 millions de véhicules électriques.
La géologie du Kwara State
Le Kwara State était déjà connu pour ses gisements de pierres précieuses, tourmalines, émeraudes, et quelques occurrences de minéraux industriels. La prospection lithium a démarré en 2023 dans le sillage de l'exploration géologique nationale relancée par le Mining for Value Programme du gouvernement nigérian. Volt Resources a obtenu ses permis de recherche fin 2023 et mené deux campagnes de forage en 2024 et début 2026.
Les carottes de forage révèlent une minéralisation en spodumène (le principal minéral porteur de lithium) sur une zone d'environ 4 km², à des teneurs moyennes de 1,42% Li₂O — un niveau qualifié de "hautement économique" par les géologues du projet, dans une fourchette comparable aux grands projets australiens et zimbabwéens.
Pourquoi c'est important pour l'Afrique
Le lithium est au XXIe siècle ce que le pétrole était au XXe : le carburant de la transition technologique mondiale. Les batteries des véhicules électriques, des smartphones, des systèmes de stockage d'énergie renouvelable en dépendent toutes. La demande mondiale devrait être multipliée par 6 à 8 d'ici 2035 selon l'Agence Internationale de l'Énergie.
Que le Nigeria, déjà premier producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne, détienne également du lithium est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle. Bonne parce que le pays dispose d'une nouvelle carte à jouer dans la transition énergétique mondiale. Mauvaise parce que l'histoire africaine des ressources naturelles est celle d'une extraction au profit des multinationales étrangères, avec peu de retombées pour les populations locales.
La vraie question n'est pas "y a-t-il du lithium ?" mais "qui va le raffiner, qui va fabriquer les batteries, et qui va profiter de la chaîne de valeur ?". Sur ce point, l'histoire du cobalt congolais est un avertissement brutal.
La réaction de Lagos
Le ministre nigérian des Mines et du Développement des Ressources, Dele Alake, a réagi avec enthousiasme dans un communiqué publié le 16 avril : "Cette découverte confirme que le sous-sol nigérian regorge de minerais stratégiques. Notre politique est claire : le Nigeria ne vendra plus de matières premières brutes. Nous allons raffiner, transformer, et fabriquer sur le sol nigérian."
Des paroles qui rappellent celles entendues dans d'autres pays africains riches en ressources. Les prochains mois diront si la volonté politique est à la hauteur de l'ambition affichée.
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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