La reprise des hostilités entre Washington et Téhéran a des conséquences budgétaires très concrètes en Afrique du Nord. Et tous les pays ne sont pas logés à la même enseigne.
Publie le 19 juillet 2026 à 20:53 - mis a jour le 25 juillet 2026 à 20:53

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Un baril à 63,3 dollars, c'est sur cette base que la Tunisie a construit sa loi de finances 2026. Sauf que la guerre entre Washington et Téhéran a repris, à peine un mois après l'accord censé y mettre fin, selon Afrik.com. Et le prix du baril, lui, ne demande pas la permission de personne pour grimper.
Pour l'Algérie, exportateur d'hydrocarbures, la remontée des cours prolonge une conjoncture favorable côté recettes budgétaires et réserves de change.
Mais pour le Maroc et la Tunisie, la situation est radicalement inverse. Rabat importe environ 94 % de ses besoins énergétiques : chaque poussée durable des cours alourdit sa facture pétrolière et renchérit ses coûts de production et de transport. La Tunisie, elle, apparaît encore plus exposée, avec un budget bâti sur une hypothèse de prix désormais dépassée.
Un même conflit, donc, à des milliers de kilomètres de distance, et trois trajectoires budgétaires qui se séparent nettement selon qu'on vend ou qu'on achète son énergie.
Cette divergence maghrébine illustre une vulnérabilité que partagent la plupart des économies africaines non productrices d'hydrocarbures : leur dépendance à des variables qu'elles ne contrôlent absolument pas, décidées à des milliers de kilomètres, dans des salles de négociation où l'Afrique n'a pas de siège.
Les prochains mois diront si Tunis et Rabat parviennent à absorber le choc sans toucher aux subventions sociales, un sujet toujours explosif dans la région.
L'Afrique du Nord peut-elle un jour se protéger vraiment des soubresauts géopolitiques qui se jouent loin de ses frontières ?
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