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Chahana Takiou et Abdramane Keïta emprisonnés au Mali pour avoir dit la vérité. HRW dénonce l'usage de la loi cybercriminalité contre la presse.
Publié le 11 juin 2026 à 09:47 UTC+0

Dire qu'un fait est un fait. Au Mali, en juin 2026, cela peut suffire pour la prison.
Chahana Takiou, directeur du bihebdomadaire 22 Septembre, et Abdramane Keïta, directeur du journal Le Témoin, ont été arrêtés et placés en détention préventive en quelques jours, selon Human Rights Watch relayé par AllAfrica. Takiou avait regretté qu'un confrère soit jugé sous une loi cybercriminalité plutôt que sous les lois de la presse. Keïta avait commenté à la télévision que le groupe JNIM contrôle la ville de Kidal.
Deux faits. Deux journalistes. Deux inculpations : « atteinte à la crédibilité de l'État » et « offense régionaliste portant atteinte à l'unité nationale ». Les procès sont fixés respectivement au 27 juillet et au 17 août.
HRW rappelle le contexte : depuis 2020, la junte malienne a banni des médias, dissous des ONG, restreint l'activité politique et multiplié les arrestations arbitraires. La loi cybercriminalité de 2019 permet jusqu'à dix ans de prison pour des « menaces » ou « insultes » en ligne, des formulations floues qui servent à contourner les protections dont bénéficient normalement les professionnels de l'information.
Pour les jeunes Maliens, l'espace civique se rétrécit. Moins de débat public, plus de peur. Quand les journalistes ne peuvent plus dire ce que tout le monde sait déjà, la désinformation officielle remplace le journalisme.
Bamako libérera-t-il Takiou et Keïta et retirera-t-il les charges, ou la loi cybercriminalité deviendra-t-elle le outil permanent pour faire taire la presse au Sahel ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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