Mémoire
Mbuzini, 40 ans après : Chapo réclame la vérité sur la mort de Samora Machel
Quarante ans après le crash qui a coûté la vie au premier président du Mozambique, Maputo et Pretoria se recueillent ensemble. Les doutes demeurent.
Mbuzini — Publié le 23 octobre 2026 à 07:50

Le 19 octobre 1986, l'avion présidentiel s'écrasait sur les collines de Mbuzini, en Afrique du Sud, au retour d'un sommet régional en Zambie. Samora Machel, premier président du Mozambique indépendant, mourait dans un accident qui, selon Club of Mozambique, a fait 35 morts parmi la délégation, les journalistes, les diplomates et l'équipage.
Quarante ans plus tard, une cérémonie conjointe sud-africaine et mozambicaine s'est tenue sur le site du crash, où se dressent un monument et un musée. Le président Daniel Chapo a rappelé que les enquêtes passées n'ont pas levé tous les doutes, et que les familles comme les deux peuples ont droit à la vérité. « Des questions demeurent sur les circonstances de la tragédie de Mbuzini », a-t-il dit, d'après Club of Mozambique.
Pour l'Afrique du Sud, le ministre Ronald Lamola s'est exprimé au nom de Cyril Ramaphosa : « Cette tragédie reste l'un des chapitres les plus douloureux de l'histoire de notre lutte de libération en Afrique australe. » Josina Ziyaya Machel, fille de l'ancien président, a affirmé que son père était mort « à cause de la libération de l'Afrique du Sud », rapporte Africanews. La délégation avait discuté en Zambie des États de la ligne de front et de la préparation de l'indépendance sud-africaine.
Cette mémoire n'est pas de l'archive. Elle dit la dette de l'Afrique australe envers les États qui ont payé la fin de l'apartheid, et elle rappelle que des vérités officielles non établies fragilisent la confiance entre les peuples. Les familles attendent toujours des réponses, quatre décennies après.
Pour la génération d'aujourd'hui, cette histoire pose une question de souveraineté : qui écrit le récit des indépendances ? Si l'Afrique veut raconter ses propres voix, elle doit aussi exiger l'accès à ses propres archives.
Une enquête indépendante, quarante ans après, est-elle encore possible ?
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