PDCI-RDA
Tidjane Thiam garde la tête du PDCI : le tribunal renvoie le procès au 19 novembre
Le tribunal d'Abidjan a repoussé au 19 novembre l'examen des recours contre la présidence de Tidjane Thiam, en joignant un troisième dossier aux deux premiers. Le fond n'est toujours pas tranché, et le plus vieux parti du pays reste suspendu à un calendrier judiciaire.
Abidjan — Publié le 23 octobre 2026 à 08:01

Pas de verdict, pas de destitution, pas de victoire pour personne. Jeudi 22 octobre, le tribunal de première instance d'Abidjan-Plateau a renvoyé au 19 novembre les recours qui contestent la présidence de Tidjane Thiam à la tête du PDCI-RDA, a rapporté Linfodrome.
La décision, très attendue, avait déjà été repoussée une première fois. Elle était espérée le 30 juillet, avant que le tribunal ne fixe l'audience de ce 22 octobre, comme l'écrivait Fratmat dès le 31 juillet. Cette fois, le report s'explique par la jonction d'un troisième dossier aux deux actions existantes, précise Benin Web TV.
Les deux premiers requérants sont des militants du parti, Charles Tchétché Abié et Antoine Constant Siaba. Ils demandent au juge de constater la vacance de la présidence. La troisième action vise Tidjane Thiam et Georges-Philippe Ezaley, vice-président du parti, mais Benin Web TV ne dit pas qui l'a déposée.
Au cœur du litige, le congrès extraordinaire du 14 mai 2025. Thiam avait démissionné le 12 mai, puis avait été réélu deux jours plus tard avec 99,77 % des voix. Ses adversaires avancent son ancienne nationalité française et sa longue absence du pays. Ce sont des arguments que le juge devra apprécier, et rien n'a encore été jugé. Dans l'intervalle, Thiam reste en fonction.
À l'été, le PDCI avait appelé ses militants au calme et à la vigilance, dans un communiqué signé de son secrétaire exécutif, Yapo Yapo Calice. Le parti répétait que ses organes continueraient de fonctionner sous la direction de Thiam.
Ce feuilleton dépasse un seul parti. Quand la légitimité d'un chef d'opposition se joue devant un tribunal, c'est la confiance de toute une génération dans l'arbitrage judiciaire qui est en jeu. D'ici 2050, les partis ivoiriens devront prouver qu'ils peuvent régler leurs conflits internes sans que la rue ni les juges en deviennent les seuls arbitres.
Un parti peut-il avancer sereinement vers les prochaines échéances avec une épée de Damoclès judiciaire au-dessus de sa tête ?
Signé
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