Une décision logistique inédite : le Niger interdit le transit de tout carburant vers le Burkina Faso à travers la région de Tillabéri, en plein cœur du dispositif sécuritaire de l'AES.
Publie le 22 juillet 2026 à 22:30 - mis a jour le 4 septembre 2026 à 10:04

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Plus une goutte. C'est, en substance, ce que le Niger vient de décider pour tout véhicule transportant du carburant à travers la région de Tillabéri en direction du Burkina Faso, selon des informations relayées par la presse nigérienne.
L'objectif affiché est clair : priver les groupes jihadistes actifs dans cette zone frontalière de leurs réserves de carburant, un ravitaillement dont ils dépendent pour mener leurs attaques et se déplacer. C'est une arme logistique plutôt que militaire, mais elle en dit long sur la nature de la guerre que mènent aujourd'hui le Niger, le Mali et le Burkina Faso réunis dans l'Alliance des États du Sahel.
Cette mesure illustre à quel point la lutte antijihadiste au Sahel s'est déplacée du champ de bataille classique vers le contrôle des flux économiques, carburant, vivres, argent. Une guerre de siège, presque invisible depuis l'extérieur.
Mais couper le carburant dans une région frontalière touche aussi les commerçants et transporteurs qui n'ont rien à voir avec les groupes armés. La frontière entre sanction ciblée et asphyxie économique généralisée reste, comme souvent au Sahel, très fine.
Alors la question qui reste en suspens : cette stratégie de blocus va-t-elle vraiment affaiblir les jihadistes, ou finira-t-elle surtout par punir les populations civiles déjà à bout de souffle dans cette zone frontalière ?
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