En rejetant 46 pourvois, la plus haute juridiction tunisienne clôt la voie judiciaire pour des dizaines de personnalités condamnées pour complot contre la sûreté de l'État. Leurs familles promettent de poursuivre le combat sur un autre terrain.
Publie le 5 septembre 2026 à 12:51 - mis a jour le 5 septembre 2026 à 13:51

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Le dernier recours vient de se refermer. La Cour de cassation tunisienne a rejeté, selon La Presse de Tunisie, 46 pourvois déposés dans l'affaire dite du « complot contre la sûreté de l'État 1 », rendant définitives les condamnations prononcées en appel contre des dizaines de personnalités, opposants, avocats et hommes d'affaires. Cette décision ferme la voie judiciaire interne pour les condamnés, certains ayant écopé de peines particulièrement lourdes.
Les familles des détenus ont réagi en dénonçant un verdict qu'elles jugent « prévisible » et ont appelé à l'unité pour poursuivre leur combat, cette fois sur le terrain politique et médiatique plutôt que judiciaire. Ce dossier, ouvert depuis plusieurs années, a cristallisé les critiques d'organisations de défense des droits humains sur l'indépendance de la justice tunisienne, sans qu'aucune de ces critiques ne soit reprise dans le jugement lui-même.
Une décision de cassation ne raconte jamais toute une histoire politique. Elle en ferme un chapitre judiciaire, mais laisse ouvertes les questions de fond : qui a comploté, contre qui, avec quelles preuves, et pourquoi une partie de l'opinion tunisienne continue de contester la version officielle des faits.
Pour une Tunisie qui a porté l'espoir démocratique du Printemps arabe, chaque verdict de ce type pèse sur la confiance des citoyens envers leurs institutions. L'Afrique du Nord de 2050 se jouera aussi sur cette capacité à concilier fermeté sécuritaire et justice perçue comme indépendante par sa population.
Un verdict judiciaire suffit-il à clore un débat politique, ou ne fait-il souvent que le déplacer ailleurs ?
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