La Russie promet de renforcer sa cooperation militaire avec l'Alliance des Etats du Sahel, Mali, Niger et Burkina Faso, face a la progression des groupes jihadistes.

Cinq mille soldats dans une force commune. Un appui logistique venu de Moscou. Et trois pays qui, depuis leur rupture avec la France, redessinent seuls leur architecture de sécurité.
La Russie et les pays membres de l'Alliance des États du Sahel se sont engagés à renforcer leur coopération militaire alors que les insurgés jihadistes gagnent du terrain dans la région, rapporte The Moscow Times, selon une déclaration commune publiée après des discussions à Niamey. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, y a rencontré ses homologues du Mali, du Niger et du Burkina Faso, trois pays qui se sont tournés vers Moscou après avoir rompu avec la France et leurs autres alliés occidentaux.
Selon la même source, les responsables ont salué le « renforcement de la coopération militaire et militaro-technique », incluant l'assistance de l'Africa Corps, la force paramilitaire russe active sur le continent. Moscou a confirmé son intention de continuer à aider au renforcement des forces armées des États membres de l'AES et de leur « Force unifiée ». ISS Africa rappelle que cette Force unifiée, connue sous le nom de FU AES, rassemble environ 5 000 soldats issus des trois pays membres, conçue pour intégrer puissance aérienne, partage de renseignement et opérations terrestres coordonnées face à des groupes armés qui déstabilisent de larges portions du Sahel depuis plus d'une décennie.
Pour les populations civiles du Mali, du Niger et du Burkina Faso, prises entre les exactions jihadistes et les opérations militaires, cette annonce de renforcement reste avant tout un pari sur l'efficacité d'une force encore jeune face à des groupes armés implantés depuis des années.
Ce n'est pas qu'un simple accord de coopération militaire de plus. C'est la confirmation qu'un basculement géopolitique complet s'est opéré au Sahel, la Russie remplaçant progressivement la France comme partenaire sécuritaire de référence.
Un Sahel sécurisé en 2050 devra avoir jugé cette alliance russo-sahélienne sur un seul critère : la baisse effective des attaques jihadistes contre les populations civiles, pas sur le nombre d'accords signés à Niamey ou à Moscou.
Cette Force unifiée AES parviendra-t-elle à inverser la dynamique jihadiste là où le G5 Sahel avait échoué, ou l'appui russe se heurtera-t-il aux mêmes limites que ses prédécesseurs occidentaux ?
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