Foncier sans titre
Nigeria : moins de 10 % des biens immobiliers ont un titre en règle, selon MOFI
Devant la Chambre des représentants à Abuja, le patron de MOFI affirme que moins de 10 % des biens immobiliers du Nigeria ont un titre en règle. Un projet de loi prévoit une autorité nationale de régulation.
Abuja — Publié le 3 novembre 2026 à 08:45
Une maison que l'on ne peut ni vendre en confiance, ni donner en garantie : au , c'est la situation de l'immense majorité des propriétaires.
Lundi 2 novembre à , lors d'une conférence de la Chambre des représentants consacrée à un projet d'autorité nationale de régulation de l'immobilier, Armstrong Takang, directeur général de MOFI (Ministry of Finance Incorporated), a affirmé que moins de 10 % des biens immobiliers du pays disposent d'un titre en règle.
Le chiffre pèse sur le crédit. Selon lui, les prêts représentent environ 12,9 % du PIB nigérian, contre 20,1 % en moyenne en Afrique subsaharienne et 34 % dans les pays à revenu intermédiaire inférieur.
Les banques hésitent à accepter en garantie des biens dont la propriété ne se vérifie pas. M. Takang cite aussi l'absence de cadre national d'agrément, des transactions frauduleuses et plus de 270 morts dans des effondrements de bâtiments ces dernières années, un bilan qu'il juge sous-estimé.
Les chiffres divergent selon les intervenants. D'après un compte rendu de la conférence, le président de la Chambre, Abbas Tajudeen, a lui aussi retenu « moins de 10 % », mais pour les terres formellement enregistrées, en citant le ministère fédéral du Logement.
Le ministre du Logement, Muttaqha Darma, a de son côté évoqué une pénétration hypothécaire inférieure à 10 %, contre 38 % en Malaisie et 40 % en Corée du Sud, pour une population d'environ 240 millions d'habitants.
Le projet de loi créerait un régulateur chargé de fixer des normes, d'agréer agents et promoteurs et de protéger l'argent des acheteurs.
Le président de la commission du Logement, Abdulmumin Jibrin, assure qu'il n'empiéterait pas sur les compétences des États. M. Takang a pour sa part mis en garde contre une réglementation excessive.
« Le Nigeria ne manque pas de propriétés. Il manque de confiance dans la propriété », a lancé M. Abbas, qui plaide pour un registre numérique relié à l'identité des propriétaires.
Reste le vrai test : créer un régulateur de plus suffira-t-il à redonner confiance dans un pays où le titre foncier se négocie souvent plus facilement que la vérité ?
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