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À Abuja, des startups et des politiques publiques poussent la mobilité électrique alors que les blackouts chroniques paralysent le pays. Paradoxe nigérian ou pari stratégique ?
Publié le 9 juin 2026 à 17:10 UTC+0

Charger une voiture électrique quand l'électricité coupe six heures par jour : au Nigeria, ce n'est pas une blague. C'est un pari.
Selon une enquête publiée le 8 juin 2026 par Malay Mail, relayant des reportages à Abuja, le pays pousse désormais la mobilité électrique alors même que son réseau national est synonyme de blackouts, de générateurs bruyants et de dépendance au diesel. Des startups locales convertissent des motos et des utilitaires. Des discours officiels évoquent une transition verte. Des investisseurs regardent le marché le plus peuplé d'Afrique.
Le paradoxe est brutal. Comment vendre l'avenir électrique dans un présent qui s'éteint ? Les défenseurs du modèle répondent : les EV pourraient justement forcer la modernisation du réseau, créer des micro-réseaux solaires, réduire la facture carburant des ménages urbains. Les sceptiques répondent : sans électricité fiable, c'est du marketing.
Pour les jeunes entrepreneurs nigérians, la question est stratégique. Le continent ne peut pas rater la révolution de la mobilité. Mais il ne peut pas non plus importer des solutions déconnectées du terrain. Un taxi électrique à Lagos doit survivre aux nids-de-poule, à la chaleur, aux coupures et au prix du crédit.
Le Nigeria inventera-t-il sa propre transition énergétique, ou reproduira-t-il le schéma classique : promesses vertes, réalité noire ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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