Justice et opposition
Opposition poursuivie en Côte d'Ivoire : le CNDH rappelle la présomption d'innocence
Le Conseil national des droits de l'homme s'est exprimé mercredi sur les procédures visant des responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI. Il rappelle que nul n'est coupable avant une décision définitive.
Abidjan — Publié le 29 octobre 2026 à 05:47

« Nul ne peut être soustrait à l'application de la loi en raison de son appartenance politique. »
La phrase vient du Conseil national des droits de l'homme (CNDH), qui a pris position mercredi 28 octobre sur les procédures visant des responsables du PDCI-RDA et du PPA-CI, rapportent Fraternité Matin et .net.
Le texte ne cite aucun nom. Il rappelle que des convocations, des inculpations et des placements sous contrôle judiciaire ont eu lieu les 19 et 23 octobre devant la section antiterroriste du tribunal de première instance d'Abidjan.
Le CNDH tient deux exigences ensemble. La loi s'applique à tous. Et une convocation, une audition ou un contrôle judiciaire ne prouvent rien sur la culpabilité, qui « ne peut être établie que par une décision judiciaire définitive », selon la formule relevée par Fraternité Matin.
L'institution demande à la justice de garantir la liberté, les droits de la défense et un procès équitable. Aux acteurs politiques, elle demande de privilégier « les voies légales et institutionnelles ». Aux médias, à la société civile et aux internautes, elle conseille la prudence dans le partage d'informations. Au gouvernement comme à la classe politique, elle réclame un dialogue constructif. Elle précise enfin qu'elle examinera les signalements crédibles de violations relevant de son mandat.
Le contexte pèse lourd. Selon Fraternité Matin, qui cite les avocats des personnes concernées, au moins neuf cadres de l'opposition seraient visés depuis le 19 octobre, avec 17 chefs d'accusation par personne, dont des « actes terroristes », en lien avec les troubles électoraux autour de la présidentielle de 2025.
Quand une institution des droits humains prend la parole en pleine tension, elle joue sa propre crédibilité autant que celle des tribunaux. Pour une Afrique qui veut des alternances sans drame d'ici 2050, la confiance dans la justice compte autant que les urnes.
Le CNDH sera-t-il entendu, et que faut-il pour que chaque camp croie à l'équité du processus ?
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