Analyse · Loi référendaire
RDC : depuis Rome, la C64 dit non au référendum et réclame un dialogue
La coalition d'opposition C64 rejette toute modification de la Constitution et un troisième mandat. Le camp présidentiel répond que tant que la loi n'est pas promulguée, tout reste possible.
Rome — Publié le 29 octobre 2026 à 06:08

« Une Constitution n'a pas à être aimée ni désirée ; elle doit être scrupuleusement respectée et appliquée. »
C'est depuis Rome que la coalition d'opposition C64 a publié mardi 27 octobre son communiqué final, relaté par Radio Okapi et Actualite.cd. Son message : non à toute modification constitutionnelle, à un troisième mandat et à un report des élections de 2028. La C64 parle d'un « coup d'État constitutionnel ». Cette qualification engage l'opposition, pas les autorités.
Elle réclame aussi un dialogue national inclusif et écarte « toute solution militaire ». Elle demande de relancer la facilitation africaine conduite par l' et le , avec la médiation de la CENCO et de l'ECC, et des engagements assortis d'un « calendrier et de mécanismes de vérification précis ».
Les engagements stratégiques de l'accord de Washington « seront préservés », assure-t-elle, à condition de respecter l'article 220 de la Constitution de 2006, qui protège notamment la limitation des mandats présidentiels. Elle exige enfin des enquêtes indépendantes, y compris internationales, sur les violences des manifestations des 12 juin et 15 septembre 2026 et sur le meurtre de Manassé Lomboto.
Le camp présidentiel répond sur le terrain du droit. Le député Paul-Gaspard Ngondankoy, auteur du texte, affirme à Actualite.cd que « substantiellement, il n'y a rien qui a changé » dans la loi référendaire et que, tant qu'elle n'est pas promulguée, « toutes les possibilités sont ouvertes ». Il invoque les articles 137 et 168. La Cour constitutionnelle avait jugé la loi conforme le 28 juillet avec 13 réserves, et Félix Tshisekedi a demandé une nouvelle délibération par lettre du 10 août, rappelle Mediacongo, où Jean-Claude Katende, de l'Asadho, dénonçait déjà une « deuxième tricherie ».
Le fond dépasse . Quand un référendum touche à la limite des mandats, c'est la solidité des verrous constitutionnels africains qui est testée. À quoi sert une règle si chaque génération peut la rouvrir ?
Un dialogue inclusif peut-il désamorcer la crise, ou le droit doit-il trancher seul ?
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