Fil info
InfoNouveau site, même voix.
InfoNouveau site, même voix.
- InfoNouveau site, même voix.
Le 22 avril 2026, Léo XIV a visité 651 détenus à Bata. Le même jour, il célébrait la messe à Mongomo avec Obiang au pouvoir depuis 47 ans et son fils condamné pour corruption. Le paradoxe moral de la diplomatie pontificale en Afrique.
Publié le 24 avril 2026 à 10:07 UTC

Le 22 avril 2026, au dernier jour complet de sa tournée africaine de 11 jours, le pape Léo XIV a visité la prison de Bata, en Guinée Équatoriale. Devant 613 hommes et 38 femmes incarcérés, vêtus d'uniformes orange ou kaki-vert, la tête rasée, des sandales en plastique aux pieds, le premier pape américain a dit : «Vous n'êtes pas seuls. Dieu ne se fatigue jamais de pardonner.»
Le même matin, à Mongomo, ville natale du président Obiang, il avait célébré la messe devant 100 000 fidèles en présence du président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, 83 ans, au pouvoir depuis 1979, et de son fils Teodoro «Teddy», vice-président condamné par une cour française pour avoir détourné des millions d'euros de fonds publics.
La Guinée Équatoriale est le cas le plus éloquent de la malédiction des ressources en Afrique. Le pétrole représente 50 % du PIB. Pourtant, selon Human Rights Watch, ces revenus ont principalement enrichi la famille Obiang. Plus de la moitié de la population vit dans la pauvreté. La visite pontificale avait suscité une lettre ouverte de 70 organisations de droits humains demandant au pape de parler fort. Avant l'arrivée du pape, le gouvernement avait libéré une centaine de personnes arrêtées lors d'une répression de 2022. Un avocat local a qualifié ces libérations de «résultat positif» de la visite, tout en soulignant que des prisonniers politiques restent détenus.
À Malabo, dès son arrivée le 21 avril, le pape avait dénoncé «la colonisation des ressources africaines» et «la soif de pouvoir qui mène à la destruction». À Bata, face aux détenus, il a affirmé que «l'administration de la justice doit toujours promouvoir la dignité de chaque personne». Mais il n'a pas nommé Obiang. Il n'a pas mentionné les prisonniers politiques.
Comment faire avancer la justice dans des pays où les dirigeants tiennent à la fois le pouvoir, la richesse et la légitimité religieuse ? La visite de Léo XIV n'a pas résolu ce paradoxe. Mais en allant dans la prison de Bata le même jour où il célébrait la messe avec Obiang, il l'a rendu visible. Et parfois, rendre visible, c'est déjà agir.
L'Afrique 2050 que nous voulons est une Afrique où la richesse du sous-sol profite aux populations, pas aux familles au pouvoir depuis 47 ans.
Que penses-tu de la tournée africaine du pape Léo XIV ?
Source Image de Couverture : Cath . ch
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…