Cinéma africain
« Premier Continent » : Isaach De Bankolé lance une école d'acteurs et un festival
L'acteur ivoirien et le réalisateur Philippe Lacôte lancent une école panafricaine et un festival international, avec le soutien de Cannes. Première édition prévue fin 2027.
Abidjan — Publié le 27 octobre 2026 à 09:59

Et si le cinéma africain cessait d'attendre qu'on le sélectionne ?
C'est le pari du projet « Premier Continent », lancé ce lundi 26 octobre à par l'acteur ivoirien Isaach De Bankolé, né et élevé à Treichville, et le réalisateur franco-ivoirien Philippe Lacôte, selon l'AIP. Le projet a deux jambes.
D'abord, une École panafricaine de formation d'acteurs, cinéma et théâtre, installée à Riviera Golf. Des départements techniques (image, costumes, décors, effets spéciaux) suivront plus tard. « On commence par l'acteur d'abord », a résumé De Bankolé.
Ensuite, un festival international. D'après l'AIP et Fraternité Matin, la première édition est annoncée pour novembre 2027 à Abidjan, alors que l'AIP et Africultures évoquaient plus tôt, à l'annonce du 15 octobre, une date autour de la fin novembre ou du début décembre. Le festival s'appuie sur quatre piliers, dont un « Abidjan Film Lab » pour la jeunesse et une section « Cinémémoire » avec des hommages à Timité Bassori, Désiré Ecaré, Henri Duparc, Med Hondo ou Youssef Chahine. Un jury de cinq personnes remettra un Éléphant d'or.
Cannes est dans le décor. Thierry Frémaux, délégué général du festival, soutient l'initiative et a donné une masterclass à Abidjan. Il dit vouloir inverser le flux habituel : au lieu que le cinéma africain aille vers l'Europe, faire venir le monde à Abidjan. L'AIP précise qu'il y a présenté Fjord, de Cristian Mungiu, qu'elle qualifie de Palme d'or 2026.
Présente à la conférence, la ministre de la Culture, Françoise Remarck, a salué le projet : « L'État est là juste pour mettre le cadre ». Elle rappelle que le financement de la politique culturelle est inscrit au Plan national de développement jusqu'en 2030.
Aucune source consultée ne donne de budget ni de financeurs. Et c'est la vraie question : un festival se bâtit d'abord sur de l'argent stable et des salles pleines. Mais former des acteurs ici, c'est déjà reprendre la main sur nos visages.
Quel film africain mérite, selon toi, d'ouvrir la première édition ?
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