Un pays qui regorge d'or, et un État qui n'en voit presque rien passer dans ses comptes. En RDC, la fuite des ressources minières atteint un niveau qui interroge jusqu'aux organisations régionales.
Publie le 21 juillet 2026 à 15:58 - mis a jour le 21 août 2026 à 15:08

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98 sur 100. C'est la part de l'or extrait en République démocratique du Congo qui échapperait aux circuits officiels, selon une alerte de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs relayée par Actualite.cd.
Autrement dit, sur chaque gramme d'or sorti du sol congolais, à peine deux échappent à la contrebande, à l'exploitation artisanale non déclarée ou aux réseaux transfrontaliers. Un chiffre qui donne le vertige quand on sait que la RDC dispose de gisements aurifères parmi les plus riches du continent, notamment dans l'Est du pays, région déjà minée par les conflits armés.
Ce n'est pas un simple manque à gagner fiscal. C'est un système parallèle complet, qui profite à des groupes armés, à des réseaux régionaux et à des acheteurs internationaux peu regardants sur la traçabilité de leurs approvisionnements.
L'or informel finance, indirectement, l'instabilité qui ravage l'Est congolais depuis des décennies.
La CIRGL appelle depuis longtemps à transformer la gestion des ressources naturelles en levier de paix, plutôt qu'en carburant du conflit. Mais entre l'appel et la réalité du terrain, le fossé reste immense, tant les circuits informels sont enracinés dans l'économie locale.
Un pays qui laisse filer 98% de sa richesse minière peut-il vraiment prétendre en tirer profit un jour ? La question ne concerne pas que Kinshasa. Elle concerne toute une région.
Que faudrait-il, selon vous, pour formaliser réellement ce secteur : plus de contrôle, plus d'incitations économiques, ou les deux ?
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