Seize œuvres d'art emballées avec soin, prêtes pour un vol vers Lagos. Les douanes ivoiriennes les ont interceptées à temps, et le dossier file maintenant vers Interpol.
Publie le 8 septembre 2026 à 10:01 - mis a jour le 8 septembre 2026 à 13:09

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Emballées avec soin. Prêtes à embarquer discrètement pour Lagos. Seize œuvres d'art non déclarées ont été interceptées à Abidjan avant de pouvoir quitter le territoire ivoirien, à bord d'un simple vol d'aviation générale.
La découverte s'inscrit dans l'opération internationale ZAFIRO, pilotée par l'Organisation mondiale des douanes et déployée dans 19 pays, avec plus de 1 431 inspections menées au total. L'OMD écrit, sur son site, que les douanes ivoiriennes ont mis la main sur ces œuvres alors qu'elles filaient vers le Nigeria.
Connectionivoirienne détaille que le dossier a été transmis à Interpol pour une enquête complémentaire sur un possible trafic de biens culturels, et rappelle qu'à l'échelle des 19 pays participants, l'opération globale a aussi permis de saisir 12 tonnes de drogue et 11 avions.
Le patrimoine culturel africain continue de fuir le continent, par des canaux qu'on croyait pourtant mieux surveillés depuis les scandales de restitution de ces dernières années.
Que seize œuvres, emballées pour ne pas attirer l'attention, aient pu presque quitter Abidjan par un vol d'aviation générale en dit long. Les filières de trafic de biens culturels savent encore contourner les radars officiels, ici comme au Mali, au Nigeria ou en République démocratique du Congo. Et chaque masque, chaque statue, chaque toile qui échappe ainsi au pays est un fragment de mémoire qui, parfois, ne revient jamais.
À l'horizon 2050, la capacité de l'Afrique à garder, documenter et valoriser son propre patrimoine pèsera directement sur son industrie culturelle et touristique. Celle-là même que beaucoup d'États présentent comme un relais de croissance pour l'après-pétrole et l'après-cacao. Une saisie comme celle d'Abidjan ne vaut que si elle s'accompagne d'un vrai suivi judiciaire, jusqu'à Interpol et au-delà.
Combien d'œuvres africaines quittent chaque année le continent sans jamais être interceptées ? La question mérite d'être posée à voix haute. Et vous, qu'en pensez-vous ?
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