Budget 2026
Sénégal : l'Assemblée enterre la loi de finances rectificative sans débat
Par une question préalable adoptée le 3 novembre, les députés ont mis fin à l'examen de la LFR avant tout débat. Le programme avec le FMI et la trésorerie de l'État se retrouvent suspendus à la suite.
Dakar — Publié le 4 novembre 2026 à 09:24

Pas de débat, pas d'amendements. Mardi 3 novembre, l'Assemblée nationale du a adopté une « question préalable », procédure du Règlement intérieur qui met fin à l'examen de la loi de finances rectificative 2026 avant même son examen au fond. Le texte du gouvernement est mort en séance.
La motion venait du député Pastef Amadou Ba. Il reproche au projet un manque de « sincérité budgétaire » et invoque la loi organique relative aux lois de finances, dont l'article 30. Selon lui, le déficit passerait de 6,54 % à 7,6 % du PIB. Le ministre des Finances, Cheikh Diba, a répondu qu'il s'agissait d'« un prétexte au rejet du texte ».
Les chiffres du scrutin varient. La plupart des décomptes donnent 109 voix pour la question préalable, 20 contre et 3 abstentions, sur 132 votants dont 17 par procuration, pour 165 députés. Un autre compte avance 126 voix contre 20. Le procès-verbal de l'Assemblée tranchera.
L'enjeu dépasse l'arithmétique. Cette loi devait notamment régler des dettes dues à des entreprises privées et à des fournisseurs d'électricité, et financer le combustible des centrales. Elle est aussi mise en relation avec le programme d'environ attendu du FMI, dont un vote du conseil pourrait intervenir le mois prochain.
Le porte-parole du Parti socialiste, Abdoulaye Wilane, rappelle que « la loi de finances initiale reste applicable ». Il redoute des tensions de trésorerie et appelle au dialogue pour éviter « une crise institutionnelle durable », en citant les articles 86 et 87 de la Constitution, qui encadrent la suite possible.
Un Parlement qui rejette le texte de l'exécutif sur la motion d'un député du parti majoritaire révèle une fracture que ni les communiqués ni la procédure ne referment. Qui arbitrera quand l'exécutif et sa propre majorité ne parlent plus d'une seule voix ?
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