Président absent
Malawi : Mutharika de retour après 25 jours en Afrique du Sud, la rumeur à ses trousses
Peter Mutharika a regagné Lilongwe samedi après vingt-cinq jours passés en Afrique du Sud, alors que des rumeurs sur sa santé circulaient. Il affirme avoir gardé le contrôle du pays, dans un contexte de pénurie de carburant et de devises.
Lilongwe, Malawi — Publié le 2 novembre 2026 à 06:14

L'avion a touché le sol de Lilongwe samedi 31 octobre vers 16 h 15. À son bord, le président malawien Peter Mutharika et la Première dame, Gertrude Mutharika, de retour d' après vingt-cinq jours d'absence, le dernier d'une série de séjours que ses détracteurs surnomment ceux du « président virtuel ».
Pendant son absence, des messages sur les réseaux sociaux le disaient gravement malade, certains évoquant même sa mort. Le gouvernement parle de rumeurs répandues par des « marchands de rumeurs ». À l'aéroport, la couverture vidéo a été restreinte : les images ont été publiées sur la page Facebook du chef de l'État.
Dans un entretien filmé au palais Kamuzu et diffusé par la Maison d'État, mené par la chargée de presse Cathy Maulidi, Mutharika a assuré : « J'étais aux commandes du pays et du gouvernement. » Il dit être resté en contact avec ministres et responsables du parti. Sur le carburant, il invoque une question de logistique de transport et juge que « le problème dépasse notre contrôle ». Sur l'électricité, il promet la fin des délestages d'ici décembre. Sa santé n'est pas abordée.
Le secrétaire général du gouvernement, Justin Saidi, a répondu à la presse que « le privé est privé, ce n'est pas public ». Le ministre de l'Information, Shadric Namalomba, a démenti de son côté que la dévaluation figure dans les discussions avec le FMI.
Les chiffres nourrissent la critique : selon un décompte fondé sur cinq voyages documentés depuis décembre 2025, le président aurait passé 77 jours hors du pays. Les organisations de la société civile demandent qui paie vols, hébergement et sécurité, et comment les attributions de l'exécutif sont assurées pendant ces absences. L'inflation était de 19,4 % en septembre, les devises manquent et les pannes de courant se répètent.
Élu en 2025 avec 56,8 % des voix, Mutharika avait promis la fin de « la lune de miel du pillage ». Un pays peut-il se gouverner à distance quand les pompes sont vides et que les lumières s'éteignent ?
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