Dialogue social
La Fonction publique sénégalaise est en grève du 21 au 23 octobre pour réclamer la révision du Code du travail et des mesures sur le pouvoir d'achat. L'État promet la liberté de travailler et propose de poursuivre le dialogue jusqu'en janvier.
Dakar — Publié le 22 octobre 2026 à 05:43 — mis à jour le 22 octobre 2026 à 06:50

Dakar, mardi. Environ 150 personnes défilent à l'appel des syndicats, à la veille d'un bras de fer annoncé. Depuis mercredi 21 octobre, la Fonction publique sénégalaise est en grève générale pour 72 heures, jusqu'au 23.
Les syndicats réclament la révision du nouveau Code du travail et des mesures contre la baisse du pouvoir d'achat. « Les autorités ne nous écoutent plus et ne nous associent plus aux discussions », a déclaré Sara Konaré, secrétaire générale du SNTPGS/FC, citée par Africanews. Le Front syndical, que l'agence Apanews associe à Mody Guiro, se dit ouvert au dialogue mais attend une réponse concrète.
Du côté de l'État, la ligne est ferme. Le ministre de la Fonction publique et du Travail, Mamadou Lamine Dianté, promet que la liberté d'aller travailler sera garantie partout. Les travailleurs et les entreprises qui ne respectent pas les procédures légales s'exposent à des sanctions disciplinaires, rapporte Senego.
Le Premier ministre a demandé aux syndicats de suspendre le mouvement pour poursuivre les discussions jusqu'à la prochaine réunion du comité de pilotage, en janvier 2027. Les Codes du travail et de la sécurité sociale ont été votés le 18 août, promulgués le 3 septembre et publiés au Journal officiel le 18 septembre.
Autour de ce texte, la tension déborde. Les chauffeurs de Dakar Dem Dikk ont débrayé, d'après impact.sn, et la boulangerie menace d'un arrêt de travail début novembre. De son côté, le gouvernement annonce le déblocage de 300 milliards FCFA pour apurer des dettes envers les agents publics. La presse dakaroise résume l'ambiance en deux Unes : « Un pays en mouvements » pour Le Quotidien, « L'État brandit le bâton » pour Walf.
Ce que dit cette grève dépasse Dakar. Partout en Afrique de l'Ouest, les États qui veulent bâtir des économies solides doivent rendre leurs réformes acceptables à ceux qui les subissent. Un Code se vote en quelques jours. La confiance, elle, se construit sur des années.
Selon vous, le dialogue peut-il encore éviter l'épreuve de force ?
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