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La Cour de la CEDEAO juge inconstitutionnelle la réforme togolaise de mars 2024. L'ANC et Olympio exigent une transition.
Publié le 24 juin 2026 à 12:09 UTC+0

Le pouvoir disait : c'est légal. La Cour de la CEDEAO répond : non, c'est un coup de force constitutionnel.
La Cour de Justice de la CEDEAO a jugé que la modification constitutionnelle du 25 mars 2024 au Togo constitue un « changement de gouvernement inconstitutionnel » au sens de l'article 23 de la Charte africaine de la démocratie, selon KOACI. Le jugement, rendu le 29 janvier 2025 dans l'affaire introduite par la Ligue togolaise des droits de l'homme et douze autres parties, vient de refaire surface dans le débat public togolais.
Les faits : une Assemblée dont le mandat avait expiré vote une Ve République, supprime l'élection présidentielle au suffrage direct, reconfigure le pouvoir exécutif. La Cour estime que ces modifications ne doivent pas servir à perpétuer le pouvoir ni à bloquer l'alternance.
À Lomé, l'Alliance Nationale pour le Changement (ANC) se félicite le 21 juin d'un « sévère désaveu politique, juridique et moral ». Nathaniel Olympio, leader du Front Touche Pas à Ma Constitution, écrit que « le texte imposé par la force n'a désormais plus aucune valeur juridique ou morale » et appelle à une période de transition politique.
La réforme de mars 2024 avait transformé le paysage politique togolais en supprimant l'élection présidentielle au suffrage universel direct, note KOACI. Une Assemblée nationale dont le mandat avait expiré a voté texte après texte sous le regard d'une opposition qui crie au verrouillage. Pour la CEDEAO, déjà engagée sur le Mali, le Burkina et le Niger, le Togo devient un autre test de crédibilité régionale.
Pour les jeunes Togolais nés sous le même nom de famille au sommet de l'État, la question n'est plus abstraite. C'est : qui décide des règles du jeu ? Les manifestations sporadiques à Lomé montrent une jeunesse qui refuse de voir la Constitution réécrite sans elle. Les réseaux sociaux amplifient chaque décision de la Cour de la CEDEAO, relançant le débat dans les quartiers.
Une Afrique de l'Ouest crédible en 2050 ne peut pas avoir des réformes constitutionnelles qui contournent le peuple. La décision de la Cour de la CEDEAO rouvre un dossier que Lomé espérait enterrer. Les capitales ouest-africaines observent : acceptera-t-on encore des changements de règles sans référendum crédible ? Lomé mise sur le temps, l'opposition sur la pression juridique régionale.
Le régime togolais acceptera-t-il la décision de la CEDEAO et rouvrira-t-il un dialogue avec l'opposition, ou Lomé continuera-t-il comme si la cour régionale n'avait jamais parlé ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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