Après des années d'hyperinflation, le Zimbabwe affiche des signes de stabilisation macroéconomique inédits. La banque centrale a même baissé ses taux pour la première fois depuis 2024.
Publie le 19 juillet 2026 à 21:27 - mis a jour le 15 août 2026 à 08:35

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90 %. C'était le taux d'inflation annuelle au Zimbabwe il y a un an, selon Forbes Africa. Aujourd'hui, il est retombé à 4,7 %. Pour un pays qui a connu l'une des pires hyperinflations de l'histoire moderne, ce chiffre a presque des airs de miracle.
La Réserve bancaire du Zimbabwe a réagi en abaissant son taux directeur de 500 points de base, à 30 %, sa première baisse depuis 2024. Un geste qui traduit une vraie confiance dans la trajectoire actuelle, portée par une reprise agricole après les sécheresses des années précédentes, une production minière stimulée par les cours mondiaux du lithium et du platine, et l'introduction de la nouvelle monnaie, le Zimbabwe Gold (ZiG).
Mais tout n'est pas réglé pour autant. Le dollar américain reste la monnaie de confiance sur le terrain, le ZiG ne représentant qu'environ 17 % de la masse monétaire en circulation, selon les mêmes analyses. Les taux d'intérêt restent parmi les plus élevés de la région, ce qui continue de décourager l'emprunt en monnaie locale.
Le Zimbabwe a longtemps servi de contre-exemple, celui qu'on cite pour dire qu'une économie africaine peut s'effondrer sous le poids de choix politiques désastreux. Si la stabilisation actuelle tient dans la durée, elle change la conversation sur ce que la relance post-crise peut ressembler ailleurs sur le continent.
Le scepticisme reste de mise chez de nombreux économistes, qui rappellent que le pays a déjà connu des embellies suivies de rechutes brutales. La confiance, une fois brisée, se reconstruit lentement, brique par brique.
Combien de temps faudra-t-il au Zimbabwe pour transformer cette embellie statistique en confiance réelle dans les poches des ménages ?
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