Villes africaines
À Abidjan, la Banque mondiale chiffre l'éveil urbain : 913 millions de citadins en Afrique
La Banque mondiale a présenté à Abidjan son rapport sur l'urbanisation de l'Afrique subsaharienne. La Côte d'Ivoire y voit un argument pour construire les villes avant leurs habitants.
Abidjan — Publié le 31 octobre 2026 à 05:54

Trois heures de trajet. C'est le temps que met son employée de maison, qui vit à Yopougon, a raconté jeudi Marie-Chantal Uwanyiligira, directrice de la Banque mondiale pour la , le , la et le , en présentant à le rapport « L'éveil urbain de l'Afrique subsaharienne ».
Les chiffres du rapport donnent le vertige. La population urbaine de la région est passée de 170 millions de personnes en 1975 à 913 millions en 2025. Elle approcherait 1,7 milliard en 2050, soit 748 millions de citadins en plus. En Côte d'Ivoire, le taux d'urbanisation est passé de 32 % en 1975 à plus de 55 % aujourd'hui : plus de 17,8 millions d'urbains pour environ 32,8 millions d'habitants, selon les données de l'Agence nationale de la statistique reprises par le gouvernement.
Mark Roberts, économiste en chef de la Banque mondiale et coauteur, a posé la règle : « Aucun pays n'a jamais atteint le statut de pays à revenu élevé sans avoir également réussi sa transition urbaine. » Pour Marie-Chantal Uwanyiligira, « l'Afrique n'a pas un problème d'urbanisme, elle a un défi de production urbaine ».
Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a répondu par un pari : « Un franc investi dans le logement et l'aménagement urbain génère plus de quatre francs dans l'économie. » Il dit avoir fait le choix de « devancer la croissance urbaine plutôt que de la subir ».
Le gouvernement cite le projet Y4, les ponts d'Abidjan, le BRT, le métro, l'étude d'un téléphérique, le pont de Loka, le franchissement du canal de Vridi et un TGV vers le nord. Côté logement, trois pistes : location-vente, autoconstruction encadrée et logements sociaux.
Au panel, l'ancien maire de Bogotá Enrique Peñalosa a raconté la difficulté de tracer des trottoirs dans des quartiers nés sans plan. Son conseil : bâtir routes et réseaux avant que les habitants arrivent.
Quand 748 millions de personnes de plus frapperont aux portes des villes, qui paiera les trottoirs ?
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