Une centaine de manifestants opposés à l'immigration clandestine ont tenté d'investir un campement abritant des centaines de Congolais depuis treize semaines. Bilan : plusieurs blessés, dont deux enfants, et une tension xénophobe qui ne retombe pas en Afrique du Sud.
Publie le 5 septembre 2026 à 12:50 - mis a jour le 5 septembre 2026 à 13:56

Ecouter l'article
Des bâtons contre des tentes. Jeudi 4 septembre 2026 à Durban, une centaine de manifestants réunis dans ce qu'ils appellent une « campagne de nettoyage » ont tenté de disperser un campement installé devant un bâtiment gouvernemental, où vivent depuis treize semaines plusieurs centaines de migrants, en majorité congolais, d'après allAfrica. La police a répondu avec des grenades assourdissantes pour séparer les groupes.
Au moins quatre étrangers ont déjà été tués dans la vague de violences xénophobes qui secoue le pays ces dernières semaines. À Durban même, des représentants de la communauté congolaise, font état de cinq blessés parmi les leurs, dont deux enfants. Les migrants présents sur place se disent demandeurs de protection, ayant fui des violences dans leur pays d'origine. Pas des « envahisseurs » venus voler des emplois, comme le clament leurs détracteurs.
Plus de 200 000 personnes auraient déjà quitté l'Afrique du Sud sous la pression de cette crise. Un pays qui a bâti sa légende sur la réconciliation post-apartheid regarde aujourd'hui une partie de sa jeunesse désigner des voisins africains comme boucs émissaires du chômage et de l'insécurité.
L'Afrique ne pourra pas se raconter un avenir commun, un marché commun, une jeunesse qui circule librement d'ici 2050, si ses propres citoyens s'affrontent aux portes de ses villes. La solidarité panafricaine se mesure aussi à la façon dont un pays traite les Congolais, les Zimbabwéens ou les Mozambicains venus chez lui.
Que faudra-t-il pour que la colère contre le chômage cesse de se retourner contre d'autres Africains plutôt que contre les responsables politiques ?
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…