Commerce mondial
À Genève, Ouattara veut que l'Afrique cesse d'exporter ses richesses à l'état brut
Devant la Conférence présidentielle de l'OMC, le chef de l'État ivoirien plaide pour une « re-globalisation » fondée sur la transformation locale. Cacao à 41 %, anacarde à 43 % : la Côte d'Ivoire avance, mais loin du but.
Genève — Publié le 31 octobre 2026 à 07:57

Quarante et un pour cent. C'est la part du cacao ivoirien transformé sur place en 2024-2025, a rappelé Alassane Ouattara jeudi à Genève. Autrement dit, plus de la moitié des fèves du premier producteur mondial quittent encore le pays sans valeur ajoutée locale.
Le président ivoirien s'exprimait au siège de l'Organisation mondiale du commerce, devant la directrice générale Ngozi Okonjo-Iweala, lors de la Conférence présidentielle consacrée aux enjeux du commerce, de l'investissement et du partenariat pour le développement. Son message : « Notre ambition ne doit pas être simplement d'augmenter les échanges commerciaux ou d'attirer plus de capitaux, mais de mieux orienter les échanges et les investissements vers la transformation structurelle de nos économies. »
Il a donné les chiffres de la bascule voulue. Premier producteur mondial de noix de cajou, le pays n'en transforme qu'environ 43 % en 2025. L'objectif est d'atteindre au moins 80 % d'ici 2030. Le président veut étendre cette logique à l'or, au pétrole, au gaz, au caoutchouc, au manganèse et au nickel.
Le pays met en avant une croissance moyenne d'environ 7 % entre 2012 et 2025 et un plan national de développement 2026-2030 qui compte sur le secteur privé pour plus de 70 % des investissements attendus. Il invoque aussi la zone de libre-échange continentale pour élargir les marchés.
La formule qui résume son plaidoyer est la plus parlante : « Le véritable défi est de passer d'une économie qui exporte principalement ses ressources à une économie qui les transforme, développe ses compétences, innove et crée davantage de valeur sur son territoire. »
La thèse n'est pas neuve. Ce qui frappe, c'est la tribune choisie pour la défendre : celle du commerce mondial. Reste à savoir qui financera les usines, l'énergie et les compétences qui permettront de passer de 41 % à 80 %.
Transformer chez nous, vendre plus cher : l'Afrique en a-t-elle enfin les moyens ?
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