Jeux d'argent
Jeux de hasard : 922 milliards FCFA de chiffre d'affaires, et l'État muscle ses contrôles
Le secteur ivoirien des jeux de hasard a dépassé 922 milliards FCFA de chiffre d'affaires en 2025. Le régulateur lance une unité de surveillance de gendarmes et de policiers pour traquer les opérateurs illégaux.
Abidjan — Publié le 31 octobre 2026 à 07:55

. C'est le chiffre d'affaires des jeux de hasard en en 2025, contre en 2023. Une hausse de 57 % en deux ans, pendant que le pays s'équipe pour contrôler un marché qui lui échappe en partie.
Le régulateur, l'Autorité de régulation des jeux de hasard (ARJH), a présenté ce mois-ci à sa nouvelle arme : l'Unité de surveillance du secteur des jeux de hasard. Créée par le décret du 29 avril 2026, elle réunit des gendarmes et des policiers sous la direction du colonel Dotehe Sakrou Coulibaly. Sa mission : surveiller les sites, mener des investigations, constater les infractions, procéder aux saisies et contribuer à la répression.
Les chiffres de l'autorité montrent l'ampleur du terrain. Selon son bilan, 312 machines à sous illégales ont été détruites et 55 sites de paris en ligne non autorisés bloqués. La période couverte varie d'un document à l'autre, un point que l'autorité devra clarifier. L'État, lui, y trouve son compte : les recettes versées par le secteur sont passées de en 2023 à en 2025. Le secteur compte 1 859 emplois directs.
Mais un marché qui grossit vite attire aussi les dérives. Le régulateur annonce un dispositif de signalement et de blocage des sites sans autorisation, un travail sur la prévention de l'addiction, la protection des mineurs et la lutte contre le blanchiment d'argent. Il évoque des réflexions avec l'instance de régulation de l'audiovisuel sur la publicité des jeux.
Jules Dally, président du conseil de régulation, a donné le ton aux agents : « L'autorité d'un régulateur ne repose pas seulement sur les textes. Elle repose aussi sur la confiance qu'il inspire. »
Reste une question que les chiffres ne tranchent pas. Quand une partie de la jeunesse mise sur son téléphone, entre l'espoir d'un gain et le risque de s'endetter, qui protège le joueur ? Le gendarme, la loi, ou l'éducation ?
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