La capitale éthiopienne accueille les 29 et 30 juillet le premier Sommet mondial des peuples organisé sur le continent, pendant que deux Africains se disputent la succession d'António Guterres à l'ONU.
Publie le 28 juillet 2026 à 14:03 - mis a jour le 11 septembre 2026 à 21:58

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Sept cents délégués venus des 54 pays du continent. Des chefs d'État, des diplomates, des artistes de 16 pays africains exposés côte à côte dans une exposition baptisée Unity. Les 29 et 30 juillet, Addis-Abeba accueille la toute première édition africaine du Sommet mondial des peuples, sur le thème Un monde nouveau, l'Afrique façonne un avenir commun. Le choix du lieu n'a rien d'anodin. Siège de l'Union africaine, siège de la Commission économique des Nations unies pour l'Afrique, la ville s'impose une fois de plus comme la capitale diplomatique du continent.
Mais qui organise, au juste ? L'Assemblée mondiale des peuples, structure dirigée par le Russe Andrey Belyaninov, qui promet un sommet pensé comme un espace d'unité, pas seulement une réunion. Les conclusions d'Addis-Abeba doivent nourrir la deuxième Assemblée publique mondiale, prévue à Moscou en septembre. L'Afrique devient ainsi une étape, entre une première édition moscovite tenue en 2025 et la suite du calendrier russe. Diplomatie publique, coopération, intelligence artificielle éthique, valeurs Ubuntu mises en avant dans les débats, le programme est séduisant sur le papier. Reste une question que peu posent tout haut. À qui profite, en réalité, ce genre de plateforme quand elle est pilotée depuis Moscou plutôt que depuis Addis-Abeba, Kigali ou Dakar ?
Le sommet coïncide, presque jour pour jour, avec un autre théâtre où l'Afrique cherche sa place, la course à la succession d'António Guterres à la tête de l'ONU. Après le Sénégalais Macky Sall, porté par le Burundi malgré des accusations de répression pendant son mandat, l'Ougandais Olara Otunnu, ancien secrétaire général adjoint sous Kofi Annan, a officialisé sa candidature ce week-end. Deux Africains, sept candidats au total, et un continent qui risque de diviser ses propres voix au moment décisif.
L'Afrique organise des sommets sur son propre sol et présente des candidats aux plus hautes fonctions mondiales. Mais tant qu'elle parle en ordre dispersé, sur qui d'autre pourra-t-elle vraiment compter pour porter une seule voix africaine ?
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