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Depuis ce 6 mai 2026, l'Afrique du Sud applique la plus forte hausse de carburant de son histoire récente : +0,37 dollar par litre pour le diesel, +0,20 pour l'essence. Les pays voisins Lesotho, Botswana, Eswatini vont suivre. Cause directe : le conflit du Moyen-Orient et la faiblesse du rand.
Publié le 6 mai 2026 à 19:28 UTC+0

Un litre de diesel qui bondit de 0,37 dollar. En Afrique du Sud, c'est une bombe a retardement sociale.
Ce 6 mai 2026, le département des Ressources minérales et de l'Energie sud-africain a officialisé la plus forte hausse des prix des carburants depuis plusieurs années. L'essence 93 et 95 octanes grimpe de 0,20 dollar par litre. Le diesel enregistre une progression plus marquée : plus 0,37 dollar par litre. La paraffine d'éclairage, utilisée par des millions de ménages périurbains pour cuisiner et s'éclairer, augmente elle aussi de 0,25 dollar. Le GPL voit son prix de détail majoré de 0,30 a 0,35 dollar par kilogramme selon les provinces.
Pour amortir partiellement le choc, le gouvernement a instauré une réduction temporaire de la taxe sur les carburants, fixée à 0,18 dollar par litre pour l'essence et 0,24 dollar pour le diesel, valable jusqu'au 2 juin. Mais cette mesure ne couvre qu'une partie de la hausse. La cause profonde est double : d'un côté, le blocage du détroit d'Ormuz par le conflit israélo-iranien a fait bondir les cotations mondiales du brut. De l'autre, le rand sud-africain s'est affaibli face au dollar, rendant les importations de produits raffines encore plus couteuses pour un pays qui dépend massivement de l'étranger depuis la fermeture de plusieurs raffineries historiques. Le Slate Account, le fonds de péréquation de l'Etat, affichait fin mars un déficit cumule de 14,17 milliards de rands, environ 850 millions de dollars, ce qui a déclenché mécaniquement une taxe additionnelle d'ardoise de 0,007 dollar par litre.
L'impact ne s'arrêtera pas aux frontières sud-africaines. Le Lesotho, le Botswana et l'Eswatini calquent partiellement leurs prix sur ceux de Pretoria, en raison de leur intégration étroite aux circuits logistiques sud-africains. Le secteur du transport routier, qui assure la quasi-totalité du fret intérieur faute d'un réseau ferroviaire compétitif, va répercuter ces hausses sur les tarifs de transport. Résultat : les denrées alimentaires dans les supermarchés et les marchés de township seront plus chères dans les prochaines semaines. Pour les 32 % de chômeurs officiels, qui sont aussi les premiers à subir la xénophobie décrite dans notre article précèdent, c'est un coup de plus.
Ce qui se passe en Afrique du Sud aujourd'hui est aussi le miroir de la vulnérabilité de tout le continent face aux chocs énergétiques mondiaux. Tant que l'Afrique ne contrôle pas ses propres chaines de raffinage et de distribution énergétique, chaque guerre au Moyen-Orient se traduit par de la famine dans les marchés de Soweto.
Combien de temps encore les Africains paieront-ils la facture des guerres des autres ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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