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Les enseignants gabonais sont en grève en mai 2026, réclamant des salaires gelés depuis des années. La junte du général Oligui Nguema avait promis une rupture après le coup d'État d'août 2023. Mais malgré un budget éducation presque doublé, rien n'a changé sur le terrain.
Publié le 6 mai 2026 à 19:38 UTC+0

Au Gabon, la promesse de rupture d’Oligui Nguema se heurte à la réalité la plus simple et la plus brutale : une école qui tourne au ralenti, des enseignants en colère et un État sommé de prouver qu’il sait gouverner au-delà des discours.
Depuis le début de l’année 2026, la grève des enseignants paralyse une partie du système éducatif gabonais, avec des revendications centrées sur les salaires gelés, les carrières bloquées et des conditions de travail dégradées. Le mouvement a même conduit à des blocages de rentrée dans plusieurs villes, notamment à Port-Gentil, où les enseignants ont lancé un ultimatum au gouvernement.
Cette crise rappelle qu’au Gabon, l’école publique reste l’un des lieux où se mesure le plus directement la crédibilité du pouvoir.
Sur le papier, la transition a pourtant mis l’éducation au centre de ses priorités. Le budget du secteur a fortement augmenté pour 2026, avec 272,15 milliards de FCFA annoncés par le ministère, contre 2024 et 2025 selon les documents budgétaires relayés par Africa24 et Info241. Cette hausse est présentée comme un investissement pour moderniser le système, renforcer la formation professionnelle et mieux l’adapter aux besoins du travail.
Mais un budget n’éduque pas à lui seul. Tant que les dossiers administratifs restent bloqués, que les salaires tardent et que les classes restent surchargées, la hausse des crédits risque d’apparaître comme une promesse plus que comme une réforme.
C’est ici que la junte est attendue. Oligui Nguema a construit son discours sur la rupture avec l’ère Bongo, l’efficacité et la restauration de l’autorité publique, mais la grève des enseignants lui renvoie l’image d’un État encore enlisé dans ses lenteurs historiques. La crise n’est donc pas seulement sociale : elle devient politique.
Le vrai sujet n’est pas seulement le salaire des enseignants, mais la capacité de l’administration à transformer une annonce budgétaire en résultat visible dans une salle de classe.
Le Gabon ne pourra pas construire son avenir post-pétrole sans une école solide, capable de former les cadres, les techniciens et les citoyens dont le pays aura besoin. Dans cette perspective, les enseignants ne sont pas un secteur parmi d’autres : ils sont la première infrastructure du développement.
En 2050, les pays qui auront réussi leur diversification seront aussi ceux qui auront investi dans leurs classes avant d’investir dans leurs slogans. Au Gabon, la question est désormais simple : la transition va-t-elle enfin réparer l’école, ou laisser la promesse de rupture se fracasser sur la porte d’une salle de classe ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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