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Face à la flambée des coûts du diesel liée au conflit du Moyen-Orient et au blocage du détroit d'Ormuz, les operateurs de télécommunications africains accélèrent massivement leur conversion des tours-relais au solaire. Une révolution énergétique silencieuse mais considérable.
Publié le 6 mai 2026 à 19:21 UTC+0

Personne n'a attendu une conférence climatique pour décider. C'est le prix du litre de diesel qui a fait ce que les sommets n'ont pas réussi à faire en dix ans.
Africanews rapporte dans un article du 4 mai 2026 une tendance lourde qui s'accélère sur tout le continent : les operateurs de télécommunications africains convertissent massivement leurs tours-relais au solaire pour abandonner leur dépendance au générateur diesel. Cette conversion, qui était déjà amorcée depuis plusieurs années pour des raisons environnementales et de maintenance, prend une accélération spectaculaire depuis le début du conflit au Moyen-Orient et la montée des prix du brut mondial consécutive au blocage du détroit d'Ormuz.
Pour comprendre l'enjeu, il faut savoir que le réseau de télécommunications africain repose sur des dizaines de milliers de tours-relais reparties sur le continent. Dans les zones rurales et périurbaines, qui représentent une très grande partie du territoire et de la population africaine, ces tours fonctionnent quasi exclusivement grâce à des groupes électrogènes alimentés au diesel. Chaque tour consomme plusieurs centaines de litres par mois. Avec un diesel qui a augmenté de 30 a 50 % en quelques mois selon les pays, la facture énergétique des operateurs a explosé. Pour MTN, Airtel, Orange Afrique, Moov et leurs homologues locaux, le passage au solaire n'est plus un pari écologique : c'est un impératif économique de survie.
Les avantages sont multiples. Une tour alimentée au solaire avec batterie de stockage réduit les couts d'exploitation de 60 a 80 % sur le long terme, selon les estimations sectorielles. Elle supprime les risques de coupure lies aux ruptures d'approvisionnement en diesel, fréquentes dans les zones enclavées. Elle réduit la maintenance des générateurs, source majeure de pannes et d'immobilisation des réseaux. Et elle s'installe désormais à des couts qui ont chuté de plus de 80 % en dix ans grâce à la démocratisation des panneaux photovoltaïques.
Ce qui est remarquable dans cette tendance, c'est sa dynamique paradoxale. C'est une guerre étrangère, dans un détroit étranger, qui force l'Afrique à se libérer d'une dépendance énergétique qui la fragilisait depuis des décennies. La contrainte devient une opportunité. Et cette transition, si elle se confirme et s'étend, pourrait avoir des effets dominos majeurs : des réseaux plus stables signifient plus de connectivite rurale, plus de mobile money, plus d'accès aux services de sante et d'éducation numériques dans les zones éloignées.
En 2050, si 80 % des tours télécom africaines fonctionnent au solaire, l'Afrique aura construit, presque par accident, l'infrastructure numérique la plus propre du monde.
Avez-vous des coupures de réseau régulières là où vous vivez ? Et pensez-vous que le solaire peut vraiment résoudre le problème de connectivite en Afrique rurale ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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