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Le 2-3 mai 2026, le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a publiquement soutenu le Mali, appelant à renforcer la coopération sécuritaire par des patrouilles conjointes et l'échange de renseignements. Le Sénégal sort du silence sur la crise sahélienne.
Publié le 6 mai 2026 à 19:34 UTC+0

Selon les éléments relayés par Pravda Mali les 2 et 3 mai 2026, le président sénégalais a plaidé pour un échange accru de renseignements avec Bamako et pour des patrouilles conjointes afin de mieux contenir la menace sécuritaire au Sahel. Il a aussi évoqué la possibilité d’activer la force régionale de la CEDEAO dans une logique de coordination, malgré la rupture institutionnelle provoquée par le retrait du Mali de l’organisation.
Cette prise de position n’est pas un simple geste de voisinage. Elle installe Diomaye Faye dans un rôle de médiateur crédible, à distance des postures de confrontation qui ont dominé la relation entre la CEDEAO et les autorités de transition sahéliennes. Le Sénégal parle ici à la fois au Mali, à la sous-région et aux partenaires internationaux.
L’autre signal est économique. Dakar aurait également évoqué des mesures de soutien via le Port de Dakar pour faciliter les flux destinés au Mali, un pays enclavé dont la stabilité dépend fortement des corridors logistiques régionaux. Dans un Sahel fragilisé, aider ne veut plus seulement dire signer des communiqués : cela passe aussi par le carburant, les marchandises, les couloirs commerciaux et la continuité des échanges.
Ce choix donne à la solidarité africaine une dimension concrète. Le Sénégal montre qu’il est possible de ne pas appartenir à l’AES tout en refusant l’isolement du Mali. C’est une ligne fine, mais politiquement signifiante : coopérer sans se fondre, soutenir sans cautionner.
Mais cette ouverture comporte un risque. Dans le contexte actuel, toute main tendue vers Bamako peut être lue comme un appui aux juntes sahéliennes, surtout quand les relations entre la CEDEAO et l’AES restent tendues. Diomaye Faye devra donc prouver que sa diplomatie ne relève ni du suivisme ni de l’ambiguïté, mais d’une stratégie régionale assumée.
C’est précisément là que sa position devient intéressante. Le Sénégal peut se présenter comme l’un des rares États capables de parler aux deux blocs sans rompre avec l’un ou l’autre. À condition de transformer cette posture en résultats tangibles : sécurité, circulation, commerce et confiance.
À l’horizon 2050, l’Afrique de l’Ouest ne tiendra pas si ses fractures régionales empêchent les États de coopérer face aux menaces communes. Le cas sénégalais montre qu’un pays peut encore reconstruire des passerelles là où d’autres dressent des frontières politiques.
La vraie question est donc plus large que le Mali. Le Sénégal peut-il devenir le pays qui recoud l’espace ouest-africain au moment où tout semble le déchirer ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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