L'Operation Dudula intensifie ses actions contre les migrants en Afrique du Sud, avec deja 25000 personnes ayant quitte le pays face aux violences.

Des commerces pillés. Des maisons détruites. Des rapatriements organisés par milliers depuis le Nigeria, le Ghana, le Malawi et le Mozambique. En Afrique du Sud, la chasse aux étrangers ne faiblit pas.
L'Opération Dudula, mouvement nationaliste né en 2021 à Soweto dont le nom signifie littéralement « repousser » ou « abattre » en isiZulu, intensifie ses actions contre l'immigration irrégulière, rapporte France 24, dans un climat de peur qui s'est accentué avant un ultimatum fixé au 30 juin. The Conversation détaille les mécanismes de ces violences xénophobes récurrentes qui secouent le pays depuis plusieurs années.
Le Petit Journal de Johannesburg rapporte que les migrants sont aujourd'hui stigmatisés, brutalisés et expulsés, avec des rapatriements organisés qui se sont multipliés en provenance du Nigeria, du Ghana, du Malawi et du Mozambique. Dans les townships de Durban et de la région de Johannesburg, de nombreuses violences contre des étrangers, commerces pillés, maisons détruites, personnes brutalisées par la foule, ont été recensées, au point que de nombreux magasins sont restés fermés et que le trafic routier a considérablement diminué dans certaines zones.
Le taux de chômage sud-africain, qui atteint 32,7 % au premier trimestre 2026 et dépasse 40 % chez les 15-34 ans, alimente directement ce climat de haine, selon les mêmes sources. Dans ce contexte de menaces et d'agressions, 25 000 migrants ont déjà quitté le pays ces dernières semaines.
Pour les communautés ouest-africaines et d'Afrique australe installées en Afrique du Sud depuis parfois des décennies, cette vague de violences remet en cause jusqu'à leur sécurité physique la plus élémentaire, indépendamment de la régularité de leur séjour.
Ce n'est pas qu'une tension sociale passagère. C'est un chômage de masse chez les jeunes qui se transforme en violence organisée contre des boucs émissaires étrangers.
Une Afrique du Sud sociale en 2050 devra avoir résolu cette équation du chômage des jeunes sans la reporter sur des communautés migrantes déjà vulnérables.
Cette vague de rapatriements forcés poussera-t-il la diplomatie régionale à intervenir plus fermement, ou l'Afrique du Sud continuera-t-elle de gérer sa crise sociale sur le dos de ses voisins africains ?
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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