Le Conseil regional du Poro met en mission 2400 femmes de chefs traditionnels pour promouvoir l'education des filles et l'autonomisation.

Elles ne sont ni enseignantes, ni fonctionnaires. Elles sont épouses de chefs traditionnels. Et le Conseil régional du Poro vient d'en faire 2 400 relais communautaires pour l'école des filles.
Le Conseil régional du Poro a mis en mission 2 400 femmes issues des chefferies traditionnelles pour booster l'éducation des filles et l'autonomisation, rapporte Abidjan.net. Le Mandat Express précise que cette mobilisation a été annoncée à l'occasion de la Fête des mères, samedi 11 juillet, l'institution régionale misant sur l'influence sociale de ces femmes pour porter des messages clés dans les villages, notamment sur l'éducation, la protection de l'enfance et la lutte contre les grossesses précoces.
RTI Infos rapporte que le président du Conseil régional, Fidèle Gboroton Sarassoro, a exhorté ces actrices communautaires à encourager la scolarisation effective des jeunes filles et leur maintien durable à l'école. S'adressant spécifiquement aux épouses de chefs traditionnels, il les a invitées à intensifier les actions de sensibilisation en faveur de la cohésion sociale, de la santé familiale et de l'autonomisation des femmes.
Pour les jeunes filles du Poro, souvent confrontées aux mariages et grossesses précoces qui interrompent brutalement leur scolarité, ce relais communautaire porté par des figures respectées localement peut peser plus lourd qu'une campagne de sensibilisation venue d'Abidjan.
Ce n'est pas une simple opération de communication institutionnelle. C'est un pari sur le pouvoir de conviction des femmes de chefferie, capables d'atteindre des familles que l'administration classique touche difficilement.
Une Côte d'Ivoire du Nord en 2050 devra avoir traduit cette mobilisation en taux de scolarisation des filles réellement mesurés, pas seulement en discours de circonstance.
Ces 2 400 femmes parviendront-elles à faire reculer durablement les grossesses précoces dans le Poro, ou cette mobilisation restera-t-elle un geste symbolique sans suivi structuré ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…