La Banque nationale d'Angola autorise les banques a utiliser le yuan chinois pour constituer leurs reserves obligatoires en devises, aux cotes du dollar et de l'euro.

Quarante-deux milliards de dollars de prêts chinois en deux décennies. Un pétrole qui part massivement vers Pékin. Et une décision monétaire qui ne fait qu'officialiser une dépendance économique déjà bien installée.
La Banque nationale d'Angola a ajouté le yuan chinois à la liste des devises que les banques locales peuvent utiliser pour constituer leurs réserves obligatoires en devises, rapporte l'Agence Ecofin, aux côtés du dollar américain, de l'euro et du rand sud-africain. Financial Afrik précise que la Banque nationale d'Angola a formalisé ce changement par une directive datée du 2 juillet, publiée sur son site le 10 juillet.
Zawya rappelle que les réserves obligatoires sont des fonds que les banques commerciales doivent conserver auprès de la banque centrale pour garantir la stabilité financière et gérer la liquidité du système bancaire. La Chine demeure le principal partenaire commercial de l'Angola depuis plusieurs années, achetant l'essentiel des exportations pétrolières angolaises et ayant prêté plus de 42 milliards de dollars au pays en deux décennies pour financer des infrastructures, des prêts qui représentent encore près de 40 % de la dette extérieure angolaise.
Cette décision s'inscrit dans une tendance plus large observée dans plusieurs économies émergentes, où les autorités cherchent à diversifier les devises utilisées pour leurs réserves et règlements internationaux, afin de réduire les coûts de change et leur dépendance au dollar.
Pour les entreprises angolaises important des équipements chinois, cette réforme technique pourrait, à terme, réduire les frais de conversion et simplifier des transactions déjà largement libellées en yuan dans les faits.
Ce n'est pas qu'un ajustement réglementaire discret. C'est la reconnaissance officielle d'un basculement économique déjà consommé entre Luanda et Pékin.
Une Angola économique en 2050 devra avoir diversifié ses partenaires au-delà de cette dépendance chinoise, sous peine de voir sa souveraineté monétaire de plus en plus dictée depuis l'extérieur.
Cette ouverture au yuan accélérera-t-elle la diversification économique angolaise, ou enracinera-t-elle davantage la dépendance du pays envers son unique grand créancier ?
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