Le Maroc concentre l'essentiel de la pression acridienne et pilote, avec dix autres pays, un plan d'action regional contre les criquets pelerins pour l'ete 2026.

Le danger, en matière de criquets pèlerins, précède toujours les dégâts visibles. Une fois les essaims constatés à l'œil nu, la riposte arrive déjà trop tard. C'est tout l'enjeu de la coordination régionale que pilote aujourd'hui le Maroc.
Le Maroc concentre actuellement l'essentiel de la pression acridienne sur le continent, tandis que l'Algérie, la Mauritanie et les pays du Sahel se préparent à une possible migration des essaims vers leurs zones de reproduction estivale, rapporte Afrik.com. Un atelier régional de planification pour la campagne estivale 2026 a réuni du 6 au 9 juillet à Nouakchott les responsables des unités nationales de lutte antiacridienne de onze pays membres de la Commission de lutte contre le criquet pèlerin dans la région occidentale, précise la FAO sur le site officiel de la CLCPRO.
MAP Ecology rapporte que cet atelier a permis d'arrêter un plan d'action régional couvrant la période juillet-septembre, incluant l'Algérie, le Burkina Faso, la Gambie, la Libye, le Mali, le Maroc, la Mauritanie, le Niger, le Sénégal, le Tchad et la Tunisie. Les modèles climatiques anticipent un possible démarrage précoce de la saison des pluies au Sahel dès juin, notamment au Tchad, au Niger et potentiellement dans le sud de la Libye et de l'Algérie, avec un signal humide qui devrait persister en juillet et août dans les zones critiques de reproduction estivale.
Pour les agriculteurs marocains et sahéliens, dont les récoltes peuvent être anéanties en quelques jours par le passage d'un essaim, cette coordination régionale précoce représente une assurance vitale plutôt qu'une simple réunion technique de plus.
Ce n'est pas qu'un enjeu entomologique de spécialistes. C'est une course contre la montre entre onze pays pour éviter qu'une menace agricole ne se transforme en crise alimentaire régionale.
Une Afrique du Nord et un Sahel résilients en 2050 devront avoir transformé cette coordination ponctuelle en système de surveillance permanent, capable d'anticiper les essaims avant même leur formation.
Ce plan d'action régional suffira-t-il à contenir la menace acridienne cet été, ou les essaims prendront-ils de vitesse une coordination encore trop dépendante de réunions annuelles ?
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