CAMIFF 2026 : le festival du film camerounais fête ses 10 ans le cinéma africain construit son propre panthéon
La 10e édition anniversaire du CAMIFF s'est achevée le 25 avril à Yaoundé. Dix ans de promotion du cinéma africain sur le continent et à l'international. Ce que ce festival dit de la capacité africaine à valoriser ses propres talents et du problème de distribution qui reste.
Publié le 29 avril 2026 à 07:36

Le 25 avril 2026, le CAMIFF (Cameroon International Film Festival) a refermé les portes de sa 10e édition anniversaire. Dix ans d'existence. Dix ans à construire, film après film, une plateforme pour le cinéma africain qui ne soit pas dépendante de l'Europe pour exister.
Fondé en 2016 par Agbor Gilbert Ebot à , le CAMIFF s'est donné une mission claire depuis le début : promouvoir le cinéma africain, offrir une visibilité aux talents émergents, et favoriser les échanges entre professionnels du secteur à l'échelle internationale. Dix ans plus tard, le festival a tenu sa promesse. Des cinéastes venus de toute l'Afrique subsaharienne, de la diaspora européenne et même d'Asie s'y retrouvent chaque année pour des projections, des masterclasses et des sessions de networking.
L'édition anniversaire 2026 a été particulièrement marquante par sa célébration des traditions culturelles danses, musiques, expressions artistiques dans une ambiance qui a rappelé ce que les festivals de cinéma africains font mieux que n'importe quel autre : ils permettent à l'Afrique de se raconter elle-même, sans filtre extérieur.
Mais le CAMIFF illustre aussi une contradiction structurelle du cinéma africain. Les films primés dans les festivals africains circulent rarement sur les écrans africains. Un film camerounais récompensé à Yaoundé ou à Carthage aura plus de chances d'être vu à Paris ou à Toronto qu'à ou . La distribution est le grand problème non résolu.
Quelques initiatives essaient de changer ça : des plateformes de streaming africaines comme Showmax, des partenariats avec Canal+ Afrique, des salles de cinéma en développement dans des villes comme ou . Mais le chemin est long.
Ce que le CAMIFF réussit, c'est l'essentiel : il prouve que l'Afrique peut organiser des festivals de qualité internationale, former ses propres jurys, reconnaître ses propres talents. La distribution viendra. Elle doit venir.
Plus d’articles comme celui-ci dans ton fil :
Nos articles en tête de Google, pour toi :
Ajouter Scoop Afrique à mes sources GoogleSigné
Reporter
Ce qu’il fallait retenir de la semaine, choisi par la rédaction. Court, vérifié, et lisible en cinq minutes.
Une sélection par semaine. Désabonnement en un clic.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…