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Le 24 avril 2026, Bassirou Diomaye Faye s'est rendu à Médina Yoro Foulah un département sénégalais jamais visité par aucun chef d'État depuis l'indépendance en 1960. Ce que ce geste dit de l'enclavement territorial chronique en Afrique.
Publié le 28 avril 2026 à 06:37 UTC+0

Le vendredi 24 avril 2026, Bassirou Diomaye Faye a posé le pied dans un département du Sénégal qu'aucun chef d'État n'avait jamais visité depuis l'indépendance en 1960. Médina Yoro Foulah, dans le Fouladou profond, à l'est du pays. Soixante-six ans d'oubli républicain. Un président qui arrive enfin.
Médina Yoro Foulah est un département rural enclavé, aux confins de la Casamance et du Fouladou. Population essentiellement peule, économie basée sur l'élevage et l'agriculture vivrière, accès aux services publics déficient depuis des décennies. Pas d'hôpital de référence. Des routes secondaires défoncées. Un déficit d'infrastructures que soixante ans de gouvernements successifs n'avaient pas comblé — et que soixante ans de présidents sénégalais n'avaient pas jugé nécessaire de voir de leurs propres yeux.
Diomaye Faye s'est rendu à Médina Yoro Foulah dans le cadre d'une tournée économique dont l'objectif affiché est le rééquilibrage territorial : mettre en lumière les zones oubliées, initier des projets concrets, briser symboliquement le mur de la marginalisation. La construction d'un centre de santé a été annoncée — la première infrastructure publique significative dans ce département depuis des années.
Pour les habitants, l'enjeu est simple et brutal : ils ont attendu 66 ans qu'un président vienne. Ils espèrent que la visite n'est pas juste une photo.
Le Sénégal n'est pas une exception. Dans presque tous les pays d'Afrique de l'Ouest, la capitale et deux ou trois grandes villes concentrent l'essentiel des investissements publics, des services de santé et d'éducation de qualité, des opportunités économiques. Le reste du territoire vit dans une forme d'exclusion structurelle.
Ce déséquilibre alimente les migrations vers les villes, la frustration des populations rurales, parfois le terreau des extrémismes. Le traiter n'est pas seulement une question de justice — c'est une nécessité de stabilité et de cohésion nationale.
Diomaye a posé un pied à Médina Yoro Foulah. C'est nécessaire. Ce qui compte maintenant, c'est ce qui arrive après la photo.
Dans ton pays ou ta région, est-ce qu'il y a des zones que le gouvernement a oubliées depuis trop longtemps ?
Source image de couverture : LERAL NET
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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