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Depuis le 24 avril 2026, les ressortissants du Bénin, Togo et Sénégal peuvent s'appeler entre pays sans frais supplémentaires. Une première en Afrique de l'Ouest. Ce que ça change pour les citoyens, les affaires — et pourquoi la CI n'est pas encore dans ce cercle.
Publié le 28 avril 2026 à 06:21 UTC+0

Depuis le 24 avril 2026, un Béninois au Togo, un Togolais au Sénégal ou un Sénégalais en transit au Bénin peut appeler, envoyer des SMS et utiliser ses données mobiles sans payer de frais d'itinérance supplémentaires. Ce que l'Union européenne a mis des décennies à imposer sur son territoire, trois pays d'Afrique de l'Ouest viennent de l'activer en quelques mois de négociation.
Le «free roaming» activé à Lomé le 24 avril est le résultat d'accords bilatéraux entre trois régulateurs : l'ARTP du Sénégal, l'ARCEP du Togo et l'ARCEP du Bénin. Ces accords s'appuient sur le règlement communautaire de la CEDEAO relatif à l'itinérance mobile, lui-même issu du Protocole d'Abidjan de 2016.
En pratique : tu traverses la frontière, ton téléphone bascule sur le réseau local, et ta facture reste la même qu'à domicile. Pas de frais cachés, pas de coupure de données, pas de SIM locale à acheter. Pour les commerçants transfrontaliers, les familles dispersées entre plusieurs pays, les étudiants en mobilité, c'est un changement concret dans le quotidien.
Le commerce intra-africain représente seulement 15 à 18% du commerce total du continent, contre 60% en Europe. L'une des raisons : les barrières invisibles que sont les coûts de communication. Un entrepreneur ivoirien qui veut travailler avec un partenaire sénégalais paie souvent deux à cinq fois plus cher pour un simple appel international que pour contacter un client européen. Ce n'est pas de la géopolitique, c'est de la facturation téléphonique qui freine le commerce.
La Côte d'Ivoire n'est pas dans ce premier accord. Des accords bilatéraux existent déjà avec le Ghana depuis 2023, et avec d'autres voisins, mais le free roaming complet n'est pas encore activé. Dans le même temps, le Mali et les pays de l'AES, absorbés par leurs enjeux sécuritaires et leur rupture institutionnelle avec la CEDEAO, restent en dehors de cette dynamique.
Ce que ce moment révèle, c'est que l'intégration africaine n'attend pas toujours les sommets diplomatiques. Elle peut avancer par petits blocs, accord par accord, régulateur par régulateur. C'est lent, c'est imparfait — mais c'est réel.
L'Afrique de 2050 sera intégrée ou ne sera pas. Et l'intégration commence parfois par un simple appel sans frais supplémentaires.
Source Image de couverture : CIO MAG
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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