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Le swollen shoot, maladie virale du cacaoyer sans remède curatif, progresse en Côte d'Ivoire et au Ghana, les deux pays qui assurent 60% de la production mondiale de cacao. Les experts se sont réunis à Abidjan mi-avril pour coordonner la riposte. L'avenir du chocolat mondial se joue ici.
Publié le 28 avril 2026 à 06:26 UTC+0

Il n'a pas de fumée, pas d'explosion, pas de communiqué gouvernemental. Mais le swollen shoot est peut-être la menace la plus grave qui pèse aujourd'hui sur l'économie ivoirienne. Et sur le chocolat mondial.
Le swollen shoot est une maladie virale du cacaoyer transmise par des cochenilles farineuses. Une fois infecté, un arbre voit ses branches gonfler, ses feuilles se déformer, et sa production chuter. L'arbre meurt en quelques années. Il n'existe pas de traitement curatif : le seul moyen d'arrêter la propagation est l'arrachage et la destruction des plants contaminés.
Au Ghana, cette maladie a déjà détruit des centaines de milliers d'hectares de cacaoyères depuis les années 1950. En Côte d'Ivoire, elle progresse. Les deux pays ensemble produisent plus de 60% du cacao mondial. Si le swollen shoot n'est pas contenu, c'est toute la filière mondiale du chocolat qui est menacée et avec elle, les revenus de plus de 6 millions de producteurs africains.
Les 14 et 15 avril 2026, les experts de l'Initiative Cacao Côte d'Ivoire-Ghana (ICCIG) se sont réunis à Abidjan. Autour de la table : l'Organisation internationale du cacao, la FAO, l'Union européenne, le Ghana Cocoa Board et le Conseil du Café-Cacao ivoirien. L'objectif : coordonner une riposte commune sur cinq ans, mêlant surveillance épidémiologique, programmes d'arrachage compensé et développement de variétés résistantes.
Pour le secrétaire exécutif de l'ICCIG Alex Assanvo, ce type de coopération est indispensable : le virus ne s'arrête pas aux frontières. Une plantation infestée au Ghana peut contaminer une plantation ivoirienne à quelques kilomètres de là.
Quand les intérêts sont vitaux et les enjeux économiques suffisamment grands, la CI et le Ghana coopèrent vite et bien. L'ICCIG existe depuis 2018 et a déjà introduit un mécanisme de prix plancher pour protéger les producteurs.
Mais la question de fond reste entière : qui finance les programmes d'arrachage et de replantation ? Un producteur qui arrache ses cacaoyers doit attendre trois à cinq ans avant que les nouveaux arbres produisent. Sans compensation sérieuse, il abandonne la filière. Des programmes existent — mais leur échelle reste insuffisante face à l'ampleur de la menace.
Le cacao est à la fois la richesse et la vulnérabilité de la CI. Le protéger, c'est protéger des millions de familles rurales ivoiriennes.
Source image de couverture : Reuters
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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