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Le vendredi 15 mai 2026, la chambre d'accusation de Libreville a rejeté la demande de liberté provisoire d'Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre et principal opposant au président Oligui Nguema. Il est en prison depuis le 15 avril pour une affaire d'escroquerie présumée datant de 2008.
Publié le 16 mai 2026 à 18:30 UTC+0

Un mois en prison pour 5 millions de francs CFA qui auraient dû être remboursés en 2008. La question n'est pas de savoir si la dette est réelle. La question est de savoir pourquoi la plainte a été déposée en 2026.
Ce vendredi 15 mai 2026, la chambre d'accusation de Libreville a délibéré et rendu sa décision : Alain-Claude Bilie-By-Nze, ancien Premier ministre de la République gabonaise sous Ali Bongo Ondimba, reste à la prison centrale de Libreville. La juridiction a rejeté la demande de liberté provisoire introduite par son collectif d'avocats, qui contestaient à la fois le mandat de dépôt délivré à son encontre et le refus de mise en liberté provisoire antérieur.
L'affaire remonte à 2008. Lors de l'organisation de la fête nationale des cultures, une certaine Baba Ramatou aurait remis à Bilie-By-Nze une somme de cinq millions de francs CFA dans l'attente d'un remboursement après le déblocage de fonds publics. Le remboursement n'a pas eu lieu. La plainte, elle, a été déposée en 2026, dix-huit ans après les faits. Les avocats de la défense soulignent que les délais de prescription habituels pour ce type de délit auraient dû rendre la poursuite impossible.
Le contexte politique est celui qui donne à cette affaire sa résonance. Alain-Claude Bilie-By-Nze est, depuis le coup d'État d'Oligui Nguema en août 2023, l'une des principales figures d'opposition au nouveau régime de la transition.
Lors de l'élection présidentielle d'avril 2025, il est arrivé deuxième, loin derrière Oligui Nguema crédité de plus de 95 % des suffrages selon les résultats officiels. Il a fondé le parti Ensemble pour le Gabon et a maintenu une activité politique visible malgré la transition militaire.
Depuis sa cellule, selon ses proches qui diffusent une banderole sur les réseaux avec les mentions "disparition forcée", "droits violés", "justice menacée", il dit : "Je n'en mourrai pas."
Son parti EPG, dans un communiqué publié après la décision du 15 mai, parle de "dégradation de l'État de droit" et annonce vouloir saisir des organisations et juridictions internationales. La défense dénonce des irrégularités dans la procédure.
Le Gabon est en transition depuis bientôt trois ans. Oligui Nguema, qui avait été accueilli avec enthousiasme dans les rues de Libreville en août 2023 comme une libération du joug Bongo, doit maintenant répondre à des accusations de plus en plus formulées : celle d'utiliser les procédures judiciaires contre des adversaires politiques. La réponse à cette accusation se lit dans ce jugement du 15 mai.
Ce type de situation; un opposant en prison sur la base d'une dette vieille de 18 ans; peut-il être qualifié de justice normale ?
Journaliste
Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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