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Le vendredi 15 mai 2026 soir, Donald Trump annonce via Truth Social la mort d'Abu-Bilal al-Minuki, qu'il présente comme le numéro deux mondial de l'État islamique, lors d'une opération conjointe américano-nigériane. Cette annonce arrive cinq jours après que l'armée nigériane a tué plus de 72 civils sur un marché de Zamfara.
Publié le 16 mai 2026 à 18:10 UTC+0

Les États-Unis félicitent l'armée nigériane pour avoir tué un chef terroriste. Cinq jours plus tôt, cette même armée avait bombardé un marché bondé et tué des dizaines de civils. La semaine nigériane de la guerre contre le terrorisme ressemble à ça.
Le vendredi 15 mai 2026 soir, Donald Trump a publié un message sur son réseau Truth Social : "Ce soir, sur mes instructions, les courageuses forces américaines et les forces armées du Nigeria ont mené à la perfection une mission méticuleusement planifiée et très complexe afin d'éliminer du champ de bataille le terroriste le plus actif au monde."
L'homme visé : Abu-Bilal al-Minuki, que Trump présente comme le numéro deux de l'organisation État islamique à l'échelle mondiale. "Il pensait pouvoir se cacher en Afrique, mais il ignorait que nous disposions de sources qui nous tenaient informés de tout ce qu'il faisait", a ajouté le président américain.
Euronews et l'AFP, qui ont repris cette information dans la nuit du 15 au 16 mai, précisent que les forces américaines et nigérianes ont mené une opération conjointe au Nigeria, sans dévoiler le lieu exact. Trump a dit qu'avec "son élimination, les capacités opérationnelles de l'EI à travers le monde sont considérablement réduites."
Ce qu'il n'a pas mentionné dans son communiqué, c'est ce qui s'était passé cinq jours plus tôt, le 10 mai 2026. Ce jour-là, l'armée nigériane avait bombardé le marché de Tumfa dans l'État de Zamfara, dans le nord-ouest du pays, prétendument après avoir reçu des renseignements sur un rassemblement de chefs terroristes. Le bilan selon des responsables communautaires locaux : 72 corps récupérés, certains méconnaissables. Amnesty International Nigeria a parlé de plus de 100 civils tués. Le Haut-Commissaire de l'ONU aux droits de l'homme a réclamé le 13 mai une enquête indépendante.
La chronologie est gênante. L'ONU réclame des comptes sur une bavure meurtrière, et cinq jours après, Washington félicite la même armée pour une opération réussie contre le terrorisme. Ce n'est pas une contradiction accidentelle. C'est une politique.
Cette séquence dit quelque chose de précis sur la façon dont les guerres contre le terrorisme se mènent en Afrique : les victimes civiles des bavures sont comptabilisées d'un côté, les succès opérationnels célébrés de l'autre, et personne ne fait le bilan global de ce que cette guerre coûte aux populations qui la subissent.
Le Nigeria est le pays africain le plus peuplé. Sa guerre contre Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest dure depuis 2009. Dix-sept ans. Les chefs terroristes meurent. D'autres les remplacent. Et les civils continuent de mourir, parfois sous les bombes de leur propre armée.
Que pensez-vous de la coopération militaire entre les États-Unis et le Nigeria dans cette guerre ?
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Membre de la rédaction Scoop.Afrique.
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