Constitution
Ghana : l'opposition saisit la Cour suprême sur un possible troisième mandat de Mahama
Le NPP demande aux juges de dire si un président ghanéen peut dépasser huit ans au pouvoir, mandats consécutifs ou non. La réponse concerne directement John Dramani Mahama, président de 2013 à 2017 puis de retour en 2025.
Accra — Publié le 31 octobre 2026 à 08:05

Huit ans, pas un jour de plus. C'est la limite que le principal parti d'opposition du demande à la Cour suprême de graver, mandats consécutifs ou non. La question vise un homme : John Dramani Mahama.
Le Nouveau Parti patriotique (NPP) a déposé une requête en interprétation de la Constitution de 1992, avec pour défendeur le procureur général. Le recours, daté du 28 juillet 2026, porte la signature de l'avocat Godfred Yeboah Dame. Il vise les articles 58(2) et 66, qui encadrent l'élection et la durée des mandats présidentiels. Le parti demande à la Cour de déclarer qu'une personne ne peut être élue chef de l'État plus de deux fois, ni exercer la fonction plus de deux mandats de quatre ans.
Le cas est précis. John Mahama a dirigé le pays de 2013 à 2017, avant de revenir au pouvoir en 2025. S'il se représentait en 2028, il solliciterait un troisième mandat. La question posée aux juges : la limite vaut-elle aussi quand deux mandats sont séparés par huit ans d'opposition?
Le parti va plus loin. Il demande aussi que le vice-président qui assure la présidence plus de la moitié du mandat restant de son prédécesseur ne puisse briguer qu'un seul mandat. Il s'appuie sur le rapport de 2011 de la commission de révision de la Constitution, qui recommandait de préciser qu'un président ayant fait deux mandats ne peut se représenter. L'argumentaire est sévère : accepter l'interprétation contraire serait, écrit le requérant, « non seulement absurde, mais dangereux pour la démocratie, la paix et la stabilité de la nation ».
Le chef de l'État aurait pourtant déjà écarté l'hypothèse : à Singapour, en août 2025, il aurait affirmé qu'il ne serait pas candidat aux prochaines élections, avant de le répéter en juillet dans la région de la Volta.
Au Ghana, citadelle démocratique de la région, la Cour suprême va donc devoir dire ce que veut dire « deux fois ». Quand un texte laisse place à l'interprétation, qui doit trancher : les juges, les partis ou les électeurs ?
Plus d’articles comme celui-ci dans ton fil :
Nos articles en tête de Google, pour toi :
Ajouter Scoop Afrique à mes sources GoogleSigné
Reporter
Ce qu’il fallait retenir de la semaine, choisi par la rédaction. Court, vérifié, et lisible en cinq minutes.
Une sélection par semaine. Désabonnement en un clic.
Connectez-vous pour partager votre analyse sur cet article. Les contributions sont relues par la rédaction avant publication.
Chargement des commentaires…